La crise ne remet pas en cause la restructuration du système bancaire chinois. Entamé au début des années 2000, le processus entre dans sa phase finale puisque Pékin va injecter une trentaine de milliards de dollars dans l'Agricultural Bank of China (ABC), a annoncé lundi 2 février le Premier ministre chinois Wen Jiabao cité par le Financial Times. Il a également suggéré que la Chine pourrait prendre des mesures supplémentaires en vue de relancer son économie, au-delà du plan de 4.000 milliards de yuans (455 milliards d'euros) annoncé en novembre. Mais il a démenti que la Chine puisse utiliser une partie de ses réserves pour recapitaliser des institutions internationales, telles que le Fonds monétaire international (FMI), pour les aider à mieux affronter la crise financière.
"Nous avons décidé de recapitaliser (l'Agricultural Bank) à hauteur de 30 milliards de dollars", a déclaré Wen Jiabao au quotidien financier britannique. La banque agricole, avec son vaste réseau national de 24.452 agences employant près de 450.000 personnes, est le dernier établissement commercial d'envergure à entreprendre une restructuration, qui pourrait déboucher sur une introduction en Bourse dès le deuxième semestre 2009.
Pékin a entrepris depuis plusieurs années d'assainir et privatiser partiellement ses banques pour leur permettre d'affronter la concurrence des instituts étrangers, auquel le marché a été ouvert fin 2006. Le gouvernement a ainsi assaini les trois autres grandes banques commerciales (Bank of China, China Construction Bank et Industrial and Commercial Bank of China), dépensant plus de 60 milliards de dollars depuis le début des années 2000. BOC, CCB et ICBC se sont toutes trois introduites en Bourse à partir de 2005.
Fin 2007, la Banque chinoise de développement (CBD), l'une des trois institutions bancaires directement placées sous le contrôle du gouvernement, a également reçu quelque 20 milliards de dollars pour l'aider à se transformer en une institution financière pleinement commerciale. ABC, jusqu'à présent plus tournée vers le soutien aux politiques officielles en faveur des campagnes que vers des objectifs de rentabilité, affiche toujours un taux de prêts non performants très élevé, de 23,5% fin 2007, selon son rapport annuel 2007.



















