Les choses bougent aux Antilles. Un accord salarial partiel a été trouvé en Guadeloupe et la Martinique a retrouvé une situation plus calme. Les négociations y seraient proches d'une issue. Nicolas Sarkozy se félicite: "Tout n'est pas encore résolu, mais ça progresse", a-t-il observé vendredi matin 27 février à propos de la Guadeloupe. Il a réaffirmé qu'il se rendrait "dans quelques semaines" aux Antilles.

Paralysée par une grève générale depuis le 20 janvier, la Guadeloupe a connu une avancée positive avec la signature d'un accord salarial partiel à l'issue de négociations-marathon de près huit heures. Elie Domota, leader du LKP a parlé d'"un premier pas" et d'"un accord qui vaut son pesant d'or", sans appeler à la fin de la grève. Il a donné rendez-vous à ses militants vendredi pour la "poursuite des négociations" sur d'autres revendications. Selon, Max Evariste (FO), autre leader du LKP, "logiquement, ça devrait déboucher sur une reprise du travail assez rapidement".

Cependant l'accord n'a pas été signé par le Medef et sept autres organisations patronales qui ont invoqué "un climat d'intimidation et de violences". Le président du Medef local, Willy Angèle, a accusé Elie Domota d'avoir "sauté par-dessus la table de négociation pour venir le frapper". Le préfet Nicolas Desforges a tempéré ce propos: "à aucun moment, sa sécurité n'a été en cause", et "trois policiers du RAID se sont interposés". Il a affirmé que cet accord, "théoriquement" applicable au 1er mars, "pour le moment ne concerne que 15 à 17.000 salariés sur 85.000 salariés" du privé. Les médiateurs du gouvernement s'emploieront vendredi à rallier les organisations patronales absentes - dont hôtellerie, artisanat et BTP, a-t-il assuré.

Baptisé "Jacques Bino", du nom du syndicaliste tué par balle, "l'accord régional interprofessionnel" prévoit que les salariés percevant jusqu'à 1,4 fois le Smic toucheront 200 euros d'augmentation.

A la Martinique, entrée dans la grève le 5 février, et qui avait basculé dans la violence depuis deux nuits, la situation semblait apaisée. Fort-de-France a connu une nuit calme, et les négociations sur les prix et les salaires devraient trouver "une issue positive demain", a estimé le président du conseil général, Claude Lise.

Sur les prix, "je pense que demain les négociations vont certainement trouver une issue favorable", a dit Claude Lise. Pour les salaires, "la négociation a beaucoup progressé. Nous en sommes arrivés au maximum à 247 euros, alors que les autres (ndlr les syndicats) demandent maintenant 250". Au départ le "Collectif du 5 février" réclamait 350 euros pour les bas salaires.