Le Medef national, estimant avoir reçu "toutes les assurances des pouvoirs publics", appelle le Medef Guadeloupe à revenir à la table des négociations", selon un communiqué publié vendredi 27 février. Le Medef de Guadeloupe et sept autres organisations patronales n'ont pas signé l'accord conclu dans la nuit de jeudi à vendredi, en invoquant "un climat d'intimidation et de violences".

Le Medef regrette toutefois "que l’accord qui se dessine ne fasse que reproduire les logiques tant critiquées de ces 30 dernières années et recoure aux mêmes facilités qui freinent le développement économique durable de la Guadeloupe". "Il faudra que l’ensemble des problématiques soulevées ces dernières semaines soient abordées dans le cadre des états généraux sur l’avenir des départements d’outre-mer annoncés par le Président de la République."

Par ailleurs, le Medef national "considère que nombre de commentaires sur les chefs d’entreprise guadeloupéens issus de toutes les catégories de la population relèvent directement ou indirectement de logiques racistes inadmissibles et se réserve de poursuivre à ce titre leurs auteurs", sans préciser quelle nature pourrait prendre ces poursuites. Les grandes familles békés, descendants de colons esclavagistes, sont accusées dans les Antilles d'être à l'origine de la flambée des prix, via des "monopoles", et d'entretenir ainsi une forme d'"esclavagisme".

Paralysée par une grève générale depuis le 20 janvier, la Guadeloupe a connu une avancée positive vendredi 27 février avec la signature d'un accord salarial partiel à l'issue de négociations de près de huit heures. Selon le préfet, l'accord "théoriquement" applicable au 1er mars, ne concerne en l'état "que 15 à 17.000 des 85.000 salariés" du privé. Et selon le Medef de Guadeloupe, à peine 3.500 salariés seraient visés par l'accord.