Le salon de l'agriculture, dont les portes ferment aujourd'hui dimanche 1er mars, a confirmé une fois de plus son succès populaire, avec des visiteurs qui devraient être plus nombreux que l'an dernier mais sont restés étrangers au débat qui a agité le monde agricole sur son avenir. "L'édition 2009 devrait être un bon crû avec une affluence au moins supérieure de 10% à celle de l'an dernier", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Poulain, président depuis cette année du salon. En 2008, le salon avait reçu plus de 600.000 visiteurs.
"Nous nous attendions à moins en raison de la crise", a ajouté Jean-Luc Poulain. Le salon n'a d'ailleurs pas fait le plein des exposants, certains s'étant décommandés.
Sacrifiant à la tradition, le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait inauguré le salon le 21 février. Menée au pas de charge et rythmée par une "claque" de sympathisants UMP, sa visite n'a pas réveillé la polémique de l'an dernier marquée par le "Casse-toi, pauvre con!" lancé à un visiteur qui refusait de lui serrer la main. Toutefois, en pleine crise de la Guadeloupe, Nicolas Sarkozy a pris soin de ne pas passer par les stands des départements d'outre-mer.
Lors de sa visite, le chef de l'Etat a lancé un "message d'espoir" aux agriculteurs et à la jeune génération pour qu'elle prenne la relève. Déjà, deux jours avant l'ouverture du salon, le président de la République s'était adressé au monde agricole lors d'un déplacement en Maine-et-Loire, pour essayer de le rassurer. Il a promis une modernisation "offensive" pour anticiper la réforme de la politique agricole commune (PAC) prévue en 2013, dont les agriculteurs français sont les principaux bénéficiaires.
Outre le dépôt "avant fin 2009" d'une loi de modernisation de l'agriculture, il a aussi annoncé le déblocage de 300 millions pour 2010 pour en financer les priorités.
Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a de son côté annoncé dès le début du salon la redistribution à partir de 2010 de 1,4 milliard d'euros d'aides agricoles européennes en faveur des filières les plus fragiles, l'élevage en priorité. Michel Barnier a eu beau souligner que cette réforme visait une politique agricole "plus juste" et "plus équitable", les céréaliers, principaux perdants de cette redistribution, n'ont pas mâché leurs mots. "Mesures hasardeuses", "le ministre ne nous a pas entendus", ont-ils déclaré en choeur.
Grand moment de communication avec le grand public, le salon a toutefois repris ses droits. Bêtes de concours et produits du terroir ont traditionnellement été les principales attractions: petits et grands se sont bousculés dans les allées qui pour voir Super, taureau de plus 1,5 tonne de la race Rouge des près ou Talc, heureux gagnant du concours des males de race limousine.




















