La France va mal. Ce n'est pas vraiment nouveau, mais c'est sur cette hypothèse que se fonde le projet de loi de Finances rectificative qui sera présenté mercredi 5 mars au conseil des Ministres, et qui prévoit un déficit public record en 2009. Le gouvernement s'attend désormais à un recul du produit intérieur brut (PIB) de la France de 1,5% en 2009 a confirmé l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, lundi 2 mars. Le gouvernement tablait précédemment sur une baisse du PIB d'"au moins 1%". Cette nouvelle prévision sera intégrée dans le projet de loi de finances rectificatives présenté mercredi en conseil des ministres. Pour 2010, Bercy table sur une croissance "supérieure à 1%".
La France s'attend par ailleurs à "plus de 300.000 destructions d'emplois" en 2009 avant une "normalisation" en 2010. "Ce chiffre est cohérent avec les destructions d'emplois enregistrées au quatrième trimestre 2008" (89.000), indique-t-on dans l'entourage de Christine Lagarde. "On ne s'attend pas à une accélération des destructions sur l'année", ajoute-t-on de même source. En novembre, le gouvernement avait déjà révisé spectaculairement ses prévisions d'emploi pour 2009, prévoyant 90.000 destructions d'emplois contre 50.000 créations anticipées en septembre.
Selon plusieurs articles de presse, le gouvernement prévoit une baisse de 1% à 1,5% de la richesse produite en France cette année, ce qui devrait conduire le niveau du déficit public entre 5% et 5,5% du PIB. Malgré ces prévisions décevantes, les hypothèses du gouvernement sont moins alarmistes que celles de la Commission européenne ou du Fonds monétaire international. Jusqu'ici, le ministère des finances tablait sur une croissance du PIB comprise entre 0,2% et 0,5% cette année, prévision qui s'est avérée de moins en moins pertinente au regard de la brutale dégradation de la conjoncture mondiale à partir de l'automne. En 2008, le PIB français a progressé de 0,7%, selon l'INSEE, mais a reculé de 1,2% au cours du quatrième trimestre 2008.
Les nouvelles prévisions plus pessimistes du gouvernement pourraient "relancer le débat sur la nécessité de davantage de mesures de relance", selon Le Figaro. La question était au menu d'une rencontre des dirigeants de l'Union européenne dimanche 1er mars. Déjà, la France affiche un taux de chômage de 8,3%, supérieur à la moyenne des 27 pays de l'Union européenne, qui se situe à 7,6%. Ce week-end, Eric Woerth, le ministre du budget, estimait que la crise représentait un manque à gagner de 11 milliards d'euros en termes de recettes fiscales.


















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