Près de 30% des personnes en emploi en 1998 ont évolué vers un autre métier en 2003, selon une étude de la DARES de janvier 2009. Le changement de métier est plus féquent pour pour les jeunes de 20 à 29 ans. La mobilité entre métiers diminue ensuite avec l'âge: 21% des 30-39 ans ont changé de domaine professionnel entre 1998 et 2003 et seulement 15% des 40-50 ans.

Un autre facteur est déterminant quant à la mobilité. Près d'un quart des hommes ont changé de domaine contre moins d'un cinquième des femmes. Ces différences de parcours s'expliquent en partie par le positionnement fréquent des femmes dans deux types de métiers. D'une part, les métiers où les emplois précaires alternent souvent avec des périodes de chômage comme agents d'entretien, aides à domicile, vendeuses, secrétaires... D'autre part, les métiers très stables commes les enseignantes, les infirmières, les employées de la fonction publique de catégorie C, etc.

La mobilité dépend également du métier exercé initialement. Des domaines d'activité sont bien plus stables que d'autres. Les employés dans le secteur de la santé, notamment dans la fonction publique, et les cadres de la banque et de l'assurance changent rarement de métier, tout comme les agriculteurs, les patrons et cadres d'hôtel, cafés et restaurants où le statut d'indépendant est prédominant. Dans les professions de la santé, l'entrée est réglementée et contingentée, ce qui contribue cette stabilité.

En revanche, les coiffeurs, esthéticiens, bouchers, boulangers, assistantes maternelles, conducteurs de véhicules, ouvriers qualifiés du bâtiment, des industries graphiques ou du formage métal gardent eux le même métier puisque leur savoir faire est bien spécifique, mais ils ont tendance à changer d'entreprise.

Par ailleurs, les métiers de la gestion et de l'administration des entreprises, de l'informatique et les employés de la fonction publique voient leur situation évoluer au sein du même domaine professionnel.

Dans les métiers à forte mobilité vers d'autres domaines professionnels, on trouve d'abord les ingénieurs et cadres de l'industrie qui quittent la production et la méthode pour aller vers l'informatique et la recherche et développement. La mobilité est souvent interne et les changements d'employeurs sont plutôt rares.

Des métiers occupés par des personnes ne possédant aucun diplôme ou un diplôme professionnel de type CAP-BEP, comme les vendeurs, les caissiers, les services à la personne, les assistantes maternelles ou les cuisiniers conduisent le plus vers le chômage ou l'inactivité. Au regard du niveau de diplôme exigé, les métiers de la communication, de l'information et des spectacles font figure d'exception dans cette catégorie.