Le patrimoine économique de l'ensemble des résidents français (ménages, entreprises, sociétés financières et administrations publiques) a fortement augmenté en trente ans, porté par la hausse des prix des actifs financiers et de l'immobilier, selon une étude de l'Insee. Les ménages ont ainsi bénéficié d'un important effet de richesse mais la valeur de leur patrimoine devrait connaître sa première contraction en 2008.
Les ménages ont profité des bulles immobilière et boursière jusqu'à la crise financière récente. En 2007, la valeur du patrimoine des ménages représentait environ 7,5 années du revenu disponible brut contre 4,4 années en 1978. Mais la chute des cours boursiers (recul de 42,7% de l'indice CAC40) et l'amorce d'un retournement du marché immobilier vont entraîner, en 2008, une baisse l'ordre de 3% de la valeur totale de leur patrimoine, pour la première fois depuis trente ans, analyse l'Insee.
Les bulles immobilières et Internet ont donc transformé le patrimoine des ménages. Ces derniers ont pris goût à la Bourse lors de la bulle Internet de la fin des années 90 avant de se rétracter et de profiter la flambée des prix de l'immobilier. Le nombre de particuliers détenteurs de valeur mobilières (actions, obligations) est passé de 1 million en 1978 à 12 millions en 2007. 20% du patrimoine financier des ménages est composé de titres financiers (contre 27% en 2007). L'autre partie est composée en grande partie par l'endettement à long terme, c'est-à-dire des crédits immobiliers qui ont permis une plus grande accession à la propriété. Elle concerne 58% des ménages en 2007 contre 47% en 1978.
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De manière générale, l'étude fait ressortir une financiarisation accrue de l'économie sur longue période. En 2007, plus de 60% des actifs détenus par les résidents (ménages, entreprises et secteur public confondus) sont financiers soit une hausse de 12 points en trente ans, calcule l'Insee.
La place des marchés financiers a durablement gagné du terrain dans le patrimoine des sociétés. La part des actifs financiers (4.892 milliards d'euros) dans le patrimoine des entreprises non financières est passée de 36% en 1978 à 64% fin 2000 et est resté autours 56% après la bulle Internet. Le gonflement des activités financières s'explique par un recours plus important des titres émis sur le marché plutôt que des crédits bancaires. Les flux d'investissements directs étrangers ont aussi contribué à accentuer le financement des entreprises par le marché.
Enfin, le secteur public dispose de 847 milliards d'euros d'actifs financiers dont la moitié correspond à des parts détenues dans le capital des entreprises, surtout publiques. Cela représente 3% des actions des entreprises française. Cette part a pu s'élever jusqu'à 40% après les nationalisations de 1982 avant de passer à environ 10% durant les années 90. Grâce à la détention des ces actif et de son patrimoine non financier (terrain, bureaux, hôpitaux…) évalué à 1.426 milliards d'euros, les administrations publiques dégagent un solde comptable net positif. En clair, en 2007, le total des actifs publics est suffisant pour compenser le passif de l'Etat français composé surtout des 1.200 milliards d'euros de dette publique (64% du PIB). Mais ce surplus risque de s'amenuiser sous l'effet de la dégradation des soldes publics en 2008 et 2009. La dette publique devrait dépasser 72% du PIB en 2009 selon la Commission européenne.
Patrimoine des secteurs institutionnels fin 2007 (Insee)
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