La première secrétaire du PS Martine Aubry s'est "réjouie" mardi 17 mars que l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin demande la suspension du bouclier fiscal, dont les socialistes réclament l'abrogation depuis son adoption l'été 2007. "Je me réjouis que M. de Villepin nous rejoigne", a déclaré Mme Aubry à la presse à l'Assemblée nationale. "Nous nous étions opposés au bouclier fiscal. Nous en demandons incessamment depuis des mois l'annulation, voire la mise entre parenthèses si le président de la République ne veut pas se déjuger", a ajouté Mme Aubry dont le groupe à l'Assemblée -elle-même n'est pas députée- devrait de nouveau défendre cette position mercredi lors du collectif budgétaire.
"Nous savons très bien que la baisse d'impôts des plus riches n'a pas entraîné inventivité ou efficacité mais a permis à certains d'avoir un peu plus", a-t-elle dit au sujet de cette mesure qui limite l'impôt à 50% des revenus d'un contribuable (contre 60% avant). Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, s'oppose à toute remise en cause du bouclier: "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts", a-t-il dit mardi matin. "Je crois qu'il avait été élu pour que notre France marche mieux. La France va mal. Il n'y a pas de plan pour relancer l'économie", a commenté Mme Aubry.
A l'UMP aussi, le bouclier fiscal a monopolisé les débats lors de la réunion du groupe à l'Assemblée nationale, plusieurs députés reprochant, selon des participants, à Pierre Méhaignerie de plaider pour une contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus. Alors que le président de la commission des Affaires sociales souhaite amender en ce sens le collectif budgétaire, en discussion à partir de mercredi, son collègue chiraquien Christian Jacob a estimé qu'"à la veille de la grève" de jeudi, c'est une initiative "qui nous fragilise".
"Attention à l'image que l'on donne. Quand on a des responsabilités (comme M. Méhaignerie), parler comme ça fait fouillis. Il faudrait établir un code de bien vivre", a asséné, en direction de l'intéressé, le patron de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier. "Attention au changement de stratégie fiscale", a renchéri, selon des témoins, le vice-président de l'Assemblée, Marc Laffineur, tout en exprimant ses réserves sur une TVA à 5,5% dans la restauration, tandis que le villepiniste Hervé Mariton mettait en garde contre une "fiscalité punitive". "Très réticent" vis-à-vis de l'initiative Méhaignerie, le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez, n'en a pas moins admis que "le bouclier fiscal est une machine à problèmes constants", qui ressurgissent à "chaque débat budgétaire".

















