La principauté de Monaco est déterminée à adopter les normes de l'OCDE en matière fiscale et espère en conséquence disparaître de la liste noire des "paradis fiscaux non coopératifs" établie par cette organisation, a indiqué, mardi 17 mars, Franck Biancheri, conseiller aux relations extérieures de la principauté. "Nous avons observé les avancées réalisées par la Suisse, l'Autriche et le Luxembourg et nous avons décidé de nous joindre à ce mouvement qui consiste à adopter les normes de l'OCDE en matière fiscale", a indiqué à l'AFP M. Biancheri.

Sous la pression politique des pays du G20, les paradis fiscaux en Europe ont décidé de faire des efforts de coopération limités mais espèrent-ils, suffisants, pour ne pas être trop montrés du doigt. Monaco se dit prêt à coopérer avec l'OCDE pour ne pas être le dernier sur la liste noire des paradis fiscaux.

Franck Biancheri, qui exerce également les fonctions de conseiller aux affaires économiques et financières internationales de la Principauté, a ajouté que Monaco souhaitait disparaître de la liste établie depuis plusieurs années par l'OCDE des "paradis fiscaux non coopératifs".Trois Etats figurent encore sur cette liste: Monaco, le Liechtenstein et Andorre. Mais l'OCDE est en train de revoir ses critères et devrait communiquer une nouvelle liste prochainement. "On espère, comme d'autres, ne plus être présent sur la liste noire le 2 avril", lors de la réunion du G20 à Londres, a dit Franck Biancheri.

Pour l'instant, le Luxembourg, l'Autriche, la Suisse, la Belgique, le Liechtenstein, Andorre et Monaco ont fait un premier pas en acceptant de rompre le secret bancaire en cas de demande d'autorités étrangères concernant une fraude fiscale. La levée du secret bancaire sera loin d'être automatique, elle devra être motivée et acceptée par les paradis fiscaux. Actuellement, la Principauté peut communiquer des informations sur les comptes de ressortissants étrangers mais uniquement aux juges des pays concernés - et dans le cadre d'une commission rogatoire - mais pas aux administrations fiscales. L'Organisation de coopération et de développement économique reprochait jusqu'à présent à la Principauté de n'avoir souscrit aucun des engagements requis en matière de transparence et d'échange de renseignements à des fins fiscales. Désormais, "il s'agit de voir jusqu'où on peut aller dans la coopération avec les experts de l'OCDE", a affirmé Franck Biancheri.