Le gouvernement a bâti le budget 2009 sur une hypothèse de croissance "prudente de 1%", comme l'expliquait la ministre de l'Economie Christine Lagarde, le 26 septembre dernier. "Notre croissance sera nous l’espérons plus élevée en 2009, entre 1 et 1,5 % si les éléments positifs sur le pétrole et le change se confirment, mais nous savons que dans l’incertitude actuelle, il est essentiel de dire la vérité aux Français et de ne pas cacher l’ampleur des difficultés auxquelles doit faire face notre économie," ajoutait-elle.
Les économistes des banques françaises interrogés par E24 sont, eux, bien moins optimistes. Leur prévision pour l'évolution du PIB sur l'ensemble de l'année 2009 s'échelonne de -0,5% pour BNP Paribas à 0,5% pour le Crédit Agricole. Frédérique Cerisier de BNP Paribas explique que "l'activité se contractera encore au début 2009, puis restera très faible, mais la récession ne durera pas tout au long de l'année."
La Société Générale table, elle, sur une évolution nulle de 0,0%. "Nous prévoyons une grosse chute des investissements des entreprises et des ménages", précise Daphné Maurel.
Consommation
Jean-Christophe Caffet de Natixis explique qu'"avec beaucoup de chance, nous parviendrons à une croissance de 0,4%". La désinflation est, pour lui, un des arguments encourageants. "Nous tablons sur une inflation sous 1% en fin d'année et nous commençons déjà à voir un petit rebond de la consommation", ajoute-t-il. Il indique que 2009 commencera bien moins bien que 2008.
Chômage
Olivier Bizimana du Crédit Agricole partage cet avis. "Nous commencerons 2009 avec un acquis nul", explique-t-il. Il table sur une croissance de 0,5% pour l'ensemble de l'année 2009. "Nous prévoyons une évolution de 0,2% en rythme trimestriel pour le premier semestre 2009, soit un léger mieux. Le prix du pétrole a baissé et c'est le premier élément qui pèse sur la consommation des ménages. Donc, nous nous attendons à un peu plus de consommation mais qui va être compensée par la hausse du chômage au début de l'année. L'environnement restera incertain et les ménages resteront prudents".
Amendé
La ministre de l'Economie a reconnu le 20 octobre qu'il était "très probable que la croissance n'atteigne pas 1%" en 2009 et que cette hypothèse prévue dans le budget soit "amendée". L'hypothèse de croissance du gouvernement pour bâtir le budget de l'année est très importante. Si l'hypothèse s'avère fausse, l'Etat engrange moins de recettes que prévu et le déficit s'alourdit. Le ministre du Budget, Eric Woerth, s'apprête à cette éventualité. "Il faut accepter que le déficit se dégrade si c'est une question de réduction de recettes", a déclaré Eric Woerth à BFMTV, dimanche 24 octobre. "Il faut laisser aller la chute des recettes, par contre il faut être très fort sur la dépense", a affirmé le ministre.
Les prospectives de l'INSEE sur la croissance sont dans ce contexte très largement attendues. Le 14 novembre, l'institut annoncera sa prévision pour le troisième trimestre 2008 et le 20 décembre sa prévision pour 2009. Le gouvernement pourra alors réviser son budget.
















