Le déficit budgétaire de la France s'est creusé à 43,7 milliards d'euros à fin mars, contre un déficit de 22,5 milliards d'euros un an plus tôt, selon les chiffres publiés mardi 12 mai par Bercy. L'augmentation du déficit public s'explique par la chute des recettes fiscales et par les mesures de relance de l'économie, explique le ministère de l'économie et des finances. Fin février, le déficit de l'Etat était de 29,9 milliards d'euros.

Au 31 mars 2009, les dépenses totales (budget général et prélèvement sur recettes) atteignent 84,3 milliards d'euros, contre 82 milliards au 31 mars 2008, indique le ministère dans un communiqué. Ces chiffres "traduisent les premiers effets de la mise en oeuvre du plan de relance", qui contribue à hauteur de 13,1 milliards d'euros à l'écart entre fin mars 2008 et fin mars 2009, explique le communiqué.

"Les dépenses exécutées au titre du plan de relance s'élèvent ainsi à 1,7 milliard d'euros à la fin du mois de mars (dont 0,5 milliard sur les dépenses d'investissement)", précise le ministère du Budget. Hors plan de relance, l'évolution des dépenses d'une année sur l'autre "n'est pas significative à ce stade de l'année", la baisse de la charge de la dette (-0,6 milliard) s'expliquant par "l'évolution favorable des taux d'interêt appliqués à la dette à court terme", est-il expliqué.

Les recettes du budget général (nettes des remboursements et dégrèvements et hors prélèvement sur recettes), s'établissent quant à elle, à 51,1 milliards d'euros à fin mars contre 69,0 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 26%. Au 31 mars, les recettes fiscales nettes s'élèvent à 49,3 milliards d'euros, en baisse de 18,4 milliards (-27,2%) par rapport à la même date de 2008. "Cette baisse s'explique principalement par des mesures de soutien à la trésorerie des entreprises dans le cadre du plan de relance (11,4 milliards d'euros, contre 5,9 milliards le mois précédent)", déclare le ministère.

Reflet de la crise économique sur l'activité des sociétés, les recettes de l'impôt sur les sociétés se sont effondrées avec seulement 1 milliard d'euros entrés dans les caisses de l'Etat à la fin mars 2009, contre plus de 12 milliards un an plus tôt, soir une chute de 91,8%. L'évolution des recettes fiscales est également affectée par la baisse des recettes nettes de TVA (-4,4 milliards d'euros).

Le produit des recettes non fiscales présente au 31 mars une hausse de 0,4 milliard d'une année sur l'autre, dû notamment à un "encaissement de 337 millions d'euros" versés au titre de la garantie apportée par l'Etat français à la banque franco-belge Dexia pour la sauver de la faillite.