Le cap "historique" du milliard de personnes sous-alimentées dans le monde sera franchi en 2009 en raison de la crise économique, a annoncé vendredi à Rome l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). "Un sixième de l'humanité est victime de sous-alimentation, comme jamais auparavant", écrit la FAO dans un rapport préliminaire consacré à l'insécurité alimentaire. Elle précise que "l'humanité comptera 1 milliard 20 millions de personnes souffrant de la faim" à la fin de l'année, "un niveau historique".

Elles les estime à "642 millions en Asie-Pacifique, 265 millions en Afrique sub-saharienne, 53 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes, 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord et 15 millions dans les pays développés". Selon la FAO, la "quasi-totalité des personnes sous-alimentées vivent dans les pays en développement".

Crise économique

L'organisation précise que cette situation "n'est pas le résultat de mauvaises récoltes au niveau mondial" mais celui de "la crise économique mondiale qui a provoqué baisse des revenus et pertes d'emplois, réduisant l'accès des pauvres à la nourriture". La crise accélère une tendance de fond marquée par un retour croissant du nombre de personnes sous-alimentées. Il est passé de 825 millions sur la période 1995-1997 à 873 millions en 2004-2006, selon l'agence spécialisée des Nations unies.

Régression

Le nombre de personnes sous alimentées avait baissé de 37 millions dans les années 70 et 100 millions dans les années 80. Depuis les années 90, le retour des affamés est préoccupant. L’une des deux cibles visées dans le cadre du premier Objectif du Millénaire pour le développement est de réduire de moitié entre 1990 et 2015 la proportion de personnes souffrant de la faim. Un objectif qui semble bien compromis.

En 2009, "compte tenu essentiellement des chocs de la crise économique et des prix souvent élevés des aliments au plan national, le nombre des victimes de la faim devrait augmenter globalement d'environ 11%", selon les projections de la FAO qui s'appuient sur une étude du Service de recherches économiques du département de l'Agriculture américain