Ce n'est pas ce que l'on pourrait appeler un voyage d'agrément. Timothy Geithner, en plein préparatif du G20 qui se tiendra fin septembre aux Etats-Unis, a entamé ce jeudi matin sa tournée parisienne par une rencontre avec notre Premier ministre national François Fillon.
Finances publiques
Au cours des 45 minutes qu'ont duré l'entretien, François Fillon a insisté sur "l'objectif central" pour la France "d'un retour à terme à l'équilibre des finances publiques", selon les services du Premier ministre. Naturellement, le "à terme" n'a pas été explicité dans la mesure où le trou ne cesse de s'approfondir dans les finances publiques françaises. Il devrait atteindre les 7% ou 7,5% du PIB en 2009 et était déjà proche de 89 milliards d'euros à fin mai. Mais peu importe, ce sont les intentions qui comptent.
Décisions du G20
Le premier ministre a aussi plaidé pour une application rapide des décisions prises lors du sommet du G20 du 2 avril dernier à Londres, principalement en matière de régulation financière. Le Premier ministre "a notamment rappelé les positions de la France sur l’application stricte et rapide des principes définis au plan international en matière de rémunération des opérateurs de marché" qui font régulièrement scandale.
Les deux hommes ont aussi fait "un tour d'horizon de la situation économique internationale", selon un communiqué de Matignon, et ont "notamment abordé la question de l'ampleur et de l'efficacité des plans de relance ainsi que la nécessité de résorber les déséquilibres mondiaux".
Cap vers Lagarde
Geithner a ensuite rejoint Christine Lagarde, ministre de l'Economie, à Bercy. Ils ont tous les deux déclaré qu'ils étaient fermement déterminés à coopérer pour réformer les règles de la finance mondiale. D'ailleurs, Christine Lagarde a qualifié de "très bon" le niveau de coopération pour réformer la réglementation des marchés financiers.
De son côté, Geithner a déclaré qu'il percevait des signes très encourageants d'une amélioration de la confiance sur les marchés financiers. Les marchés commencent à mieux fonctionner, a-t-il ajouté. Cependant, les risques et les défis ne manquent pas pour l'avenir, a-t-il prévenu.
Concernant la rémunération des dirigeants, le secrétaire au Trésor a jugé qu'il était pas "approprié" pour les gouvernements "de fixer des limites". "Nous voulons nous assurer que les rémunérations récompensent de bonnes performances (...) et que cela renforce l'objectif fondamental de créer un système plus stable", a-t-il toutefois assuré dans un entretien à Bloomberg TV.
Et le dollar?
Interpellé sur les récentes interrogations françaises concernant le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, Tim Geithner s'est contenté de souligner les points d'accord entre les deux pays. Les Etats-Unis et la France ont un sens remarquable de l'intérêt général, a-t-il déclaré aux journalistes en marge de sa rencontre avec la ministre de l'Economie. Quelques jours avant, il avait déclaré ne pas être inquiet pour le dollar.
Avant de rejoindre Paris, Geithner est passé par Londres (le 13 juillet), puis s'est rendu en Arabie Saoudite (le 14 juillet) et aux Emirats-Arabes-Unis (le 15). Une semaine de voyage express avant de rentrer aux Etats-Unis.













