Un an après la chute de Lehman Brothers et à dix jours du sommet du G20, le président américain Barack Obama a choisi de prononcer lundi 14 septembre prochain un discours sur la crise financière qualifié de "majeur" par la Maison Blanche, a annoncé son administration.
"Il abordera les mesures énergiques que cette administration a prises pour éloigner cette économie du gouffre, l'engagement pris de réduire le rôle du gouvernement (après ses interventions) dans le secteur financier et ce que les Etats-Unis et la communauté internationale doivent faire pour empêcher la réédition d'une telle crise", ajoute le communiqué.
Obama a choisi avec le Federal Hall, l'un des hauts lieux de l'histoire de la démocratie américaine tout près de la Bourse de New York, au coeur de la crise financière des derniers mois.
Il prendra la parole un an après le dépôt de bilan, le 15 septembre 2008, de la banque d'affaires Lehman Brothers, qui a provoqué une onde de choc financière mondiale . La crise des emprunts immobiliers à risque, en cours depuis des mois, ébranlait alors le système financier américain et par contrecoup mondial. Malgré des nationalisations impensables quelques mois auparavant au pays du capitalisme roi, la crise du crédit, à son tour, ralentissait encore davantage l'activité et poussait les grandes économies mondiales vers la récession.
Depuis, les pays avancés et les grandes économies émergentes tâchent de surmonter leurs divergences et de s'entendre sur des mesures pour empêcher la répétition de telles crises, mais aussi d'apaiser des opinions outrées par les excès de la finance.
Geithner répare
Et l'économie mondiale est convalescente. Sur le sol américain, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a indiqué jeudi que le temps était venu pour les autorités américaines de passer de la lutte contre la crise à la réparation de l'économie. "Nous sommes désormais dans la position de faire évoluer notre stratégie à mesure que nous passons de la réponse à la crise à la reprise, de la rescousse de l'économie à la réparation et à la reconstruction des fondations pour la croissance à venir", a déclaré M. Geithner devant la commission parlementaire mixte chargée du contrôle de l'action du Trésor contre la crise.
"La confiance et la stabilité naissantes en septembre 2009 sont bien loin de la peur débilitante et de la panique de septembre 2008", a déclaré Timothy Geithner, faisant référence au mois où le système financier américain avait manqué s'écrouler. "Le consensus au sein des prévisionnistes privés est que notre économie est désormais en train de croître. Le système financier montre des signes de réparation, et le coût du crédit a chuté de manière spectaculaire", a ajouté le ministre.
Néanmoins, a-t-il rappelé, "la route est encore longue avant que la reprise véritable soit installée". "Le chômage atteint toujours à un niveau inacceptable" (9,7% en août), et "il est réaliste de supposer que la reprise sera graduelle, avec un nombre de hauts et de bas plus élevé que d'habitude", a estimé M. Geithner, qui avait déclaré la semaine précédente avoir "vu les premiers signes de la reprise aux Etats-Unis".
La récession américaine a commencé officiellement en décembre 2007, et le PIB américain a chuté quatre trimestres de suite de l'été 2008 au printemps 2009. Le rapport de conjoncture (Livre beige) publié mercredi par la banque centrale américaine (Fed) est venu conforter l'idée que la récession américaine s'est achevée en août, même s'il appartient à un organisme indépendant, le Bureau national de la recherche économique (NBER), de le déclarer officiellement.
Timothy Geithner a promis que le Trésor ferait "tout ce qui est nécessaire, aussi longtemps que nécessaire, pour faire en sorte que les familles américaines et les petites entreprises voient leur vie s'améliorer durablement".
Mais la crise est mondiale et sa résolution passe par des solutions mondiales. A cet égard, les dirigeants du G20 se retrouvent en sommet les 24 et 25 septembre à Pittsburgh (est des Etats-Unis). Barack Obama entend y faire avancer le projet de nouvelles "règles de conduite" financières. Avec les perspectives de fin de récession, Barack Obama compte aussi mettre la lutte contre le chômage au coeur des discussions.
















