Aucun accord contraignant n'émergera de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, c'est désormais une quasi-certitude. Mais tout est entrepris pour sauver ce qui peut l'être. C'est dans cet état d'esprit que le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a organisé une rencontre de deux jours (lundi 16 et mardi 17 novembre) regroupant une quarantaine de ministres de l'Environnement.
Une réunion de la dernière chance à laquelle participeront les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète qui cristallisent le blocage entre pays industrialisés et pays émergents. Les premiers avancent que la pollution de demain viendra des pays en développement ce à quoi les derniers rétorquent que la pollution d'aujourd'hui est de la responsabilité des pays industrialisés.
Pas de contrainte
Les négociations sont donc figées sur l'objectif à atteindre. Les émergents craignent qu'avec une contrainte mondiale de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre (GES), ils ne soient freinés dans leur développement.
La question du financement revêt, sous cet angle, un aspect primordial. Les industrialisés ont eu l'opportunité de se développer sans contrainte par le passé, ils doivent donc payer pour que les émergents aient à leur tour cette opportunité. Or les sommes demandées par les uns sont sans commune mesure avec celles proposées par les autres.
La réunion d'aujourd'hui permettra de voir si la communauté internationale agrée la position présentée le week-end dernier à Singapour par le président américain Barack Obama lors du Forum des pays de l'Apec (pays de l'Asie/Pacifique). Ils veulent un accord politique et non un traité contraignant, ce qui réduit à néant les chances d'un accord d'envergure début décembre à Copenhague malgré l'insistance des pays africains, des petits Etats insulaires et de certains pays européens.
Mais le Premier ministre danois reste relativement optimiste. En apparence du moins. Il a élaboré un projet d'"accord politique" qui fixe notamment une date butoir pour s'entendre sur un traité contraignant. Parce qu'il estime que la conférence de Copenhague peut encore permettre de s'accorder sur des objectifs comme les réductions des gaz à effet de serre des pays industrialisés, des mesures des pays en développement pour freiner l'augmentation de leurs émissions de GES, ainsi que sur la question des fonds pour aider les pays pauvres à s'adapter aux changements climatiques.
"Je doute que la majorité des pays acceptent ce plan destiné à sauver la face", estime pour sa part un responsable de Greenpeace, Kaisa Kosonen, cité par Reuters.
La réunion ministérielle de lundi et mardi à Copenhague se déroulera à huis clos, à l'exception de la conférence de presse finale.


















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