Barack Obama l'a affirmé dès le premier jour de son voyage officiel en Chine: Pékin et "les Etats-Unis n'ont pas à être des adversaires". Dans les faits, cependant, les relations entre ces deux grandes puissances mondiales ne sont pas au beau fixe. Les dossiers sensibles ne manquent pas et ce déplacement du président américain sera l'occasion d'en aborder certains. Trouver des compromis risque, en revanche, d'être plus compliqué.
Le yuan
Premier sujet délicat: la monnaie. Pékin est accusé de dévaluer volontairement son yuan pour favoriser ses exportations mondiales, ce qui pénalise celles des autres pays. Les Etats-Unis, aux côtés du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne notamment , militent donc pour que la Chine laisse le marché guider ses taux de change et rééquilibre ainsi les échanges internationaux.
Mais la tâche s'annonce difficile tant le dossier est brûlant entre les deux parties. "Il est préjudiciable à la reprise mondiale et injuste (de la part des Etats-Unis) de demander aux autres (monnaies) de s'apprécier tout en laissant le dollar continuer de plonger", a ainsi déclaré ce lundi devant la presse le porte-parole du ministère du Commerce chinois. La Chine milite en outre depuis plusieurs mois pour instituer une nouvelle monnaie de réserve mondiale à côté du dollar.
Les conflits commerciaux
La question des échanges commerciaux et du protectionnisme est aussi au cœur des mésententes bilatérales. Même si les deux pays assurent que la guerre commerciale n'aura pas lieu, les attaques se multiplient ces dernières semaines.
La dernière en date remonte au 5 novembre. Les Américains ont annoncé qu'ils allaient taxer les tubes d'acier chinois utilisés dans l'industrie pétrolière. Pékin a répliqué en lançant une enquête antidumping et antisubventions sur les voitures américaines. La Chine avait déjà déposé en septembre dernier une plainte devant l'OMC pour imposition abusive des Etats-Unis sur les importations de pneus.
Une mesure qui fait cependant partie "de l'ordre naturel des affaires", a estimé ce lundi le secrétaire au Commerce américain, Gary Locke.
Le climat
A quelques semaines du sommet de Copenhague, le climat est également un sujet qui fâche entre les deux plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effets de serre.
Les Etats-Unis appellent Pékin à s'engager davantage dans la réduction de ses émissions. De son côté, le président chinois Hu Jintao a répété ce week-end lors du sommet de l'Apec à Singapour que son gouvernement était "prêt à collaborer" sur le climat, mais que les pays développés devaient assumer leurs responsabilités dans le réchauffement de la planète.
Liberté d'expression sur internet
Dernier dossier et non des moindres: la question des droits de l'homme et d'internet. "Les libertés d'expression et de culte et l'accès à l'information, sont, nous le pensons, des droits universels", a indiqué Barack Obama lors d'un discours devant plusieurs étudiants de Shanghai ce lundi.
Alors que le contrôle du gouvernement chinois sévit sur la Toile, en particulier sur Facebook et Twitter, bloqués depuis les émeutes meurtrières du Xinjiang musulman (nord-ouest) en juillet dernier, le président américain a ainsi réaffirmé être un "partisan fervent de l'internet" et un militant "farouche pour l'absence de censure".
















