Le sommet de l'ONU sur l'alimentation s'est conclu mercredi 18 novembre sans engagements concrets et sans la participation des pays du G8.
Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, a déploré l'absence de nombreux chefs d'Etat ou de gouvernement dont ceux du G8 sur l'alimentation alors que le problème de la sécurité alimentaire est en train de revenir avec beaucoup de force après des années de recul de la malnutrition. En 2007, des émeutes de la Faim avaient éclaté des émeutes de la faim dans plusieurs pays avec l'inflation des matières premières agricoles.
Seul était présent Silvio Berlusconi dont le pays accueillait la réunion et où la FAO a son siège à Rome. Une soixantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement, essentiellement d'Afrique et d'Amérique Latine, ont participé à ce sommet.
"On ne peut que regretter que les dirigeants des pays les plus riches n’aient pas daigné se déplacer, pour témoigner de l’engagement de leur pays de passer enfin aux actes, pour donner l’impulsion et souligner l’importance qu’ils accordent à cet enjeu. Aucune excuse ne peut dédouaner ces chefs d’Etat, même pas celle des préparatifs du Sommet de Copenhague", souligne l'ONG CCFD (Comité Catholique Contre la Faim) dans un communiqué.
Jacques Diouf a de nouveau regretté l'absence d'objectifs chiffrés et de date-butoir dans le document final adopté lundi, tout en estimant qu'il représentait "le plus petit dénominateur commun" possible entre autant de pays.
Efficacité de l'aide
Pourtant, au G8 de l'Aquila (Italie) en juillet dernier, les pays les plus riches du monde avaient pris l'engagement de porter à 20 milliards de dollars sur 3 ans leur contribution à la sécurité alimentaire dont 2 milliards pour la France.
La priorité de ce sommet concernait n'était pas financier mais sur le contenu des aides, souligne l'ONG CCFD. "Il ne s’agissait pas seulement de promettre de nouveaux engagements financiers, même si cela est essentiel (...) il fallait poser le cadre pour engager de manière cohérente et coordonnée des changements de politiques commerciales, agricoles, énergétiques, d’investissements… faute de quoi la volonté de soutenir les agricultures familiales restera un vœu pieu."
Pour Olivier de Schutter, rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation, interrogé par l'AFP, "il ne faut pas se focaliser sur les chiffres, mais sur la qualité des investissements. Dans le passé, il y avait souvent des engagements chiffrés dans les conférences de donateurs, mais peu de suivi après et souvent, ils n'étaient pas respectés."
Principale avancée de la réunion: la réforme du Comité de la Sécurité alimentaire. "Le Comité sera beaucoup plus inclusif, procèdera à davantage de contrôle afin d'en accroître l'efficacité de l'aide à l'agriculture. Le Comité sera constitué non seulement des gouvernements, mais aussi des agences internationales, des ONG, des associations de paysans et des acteurs de la société civile", explique-t-il.
16 pays font bonne figure
Une poignée de pays luttent avec succès contre la faim, qui affecte un nombre record de 1,02 milliard de personnes dans le monde, en recourant à des "recettes" relevant souvent du bon sens mais qui sont parfois en contradiction avec les règles du commerce mondial.
Seize pays ont ainsi déjà atteint l'objectif de réduction de moitié de la faim d'ici 2015, selon un rapport de l'Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) publié à l'occasion d'un sommet de trois jours de l'organisation onusienne à Rome. Parmi ces bons élèves figurent notamment le Nigeria, l'Arménie, la Géorgie, la Chine, la Thaïlande, le Vietnam, le Brésil et le Pérou.



















