A deux semaines du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, les chances de parvenir à un accord d'envergure et contraignant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre demeurent toujours aussi incertaines.
Certes, le président américain Barack Obama a réaffirmé sa volonté de voir émerger des mesures immédiates, comme il l'avait déjà dit lors de son voyage en Chine. Mais de quelles mesures parle-t-il? Ses interventions relèvent des déclarations d'intention et il se garde bien de formuler le moindre engagement.
Au cours de cette tournée les Etats-Unis et la Chine "sont convenus de coopérer pour faire du prochain sommet de Copenhague sur le climat une réussite qui conduise à une action immédiate contre la pollution par les gaz carboniques", a simplement rappelé Barack Obama lors de son allocution hebdomadaire samedi dernier.
Défaitisme européen
La Chine est le premier pollueur mondial mais rapporté au nombre d'habitants, elle passe à la deuxième place du classement mondial derrière les Etats-Unis. Autant dire que sans véritable volonté politique de ces deux pays, rien ne pourra être accompli.
Cela explique le défaitisme des Européens qui ont, eux, pris des engagements clairs (-20% pour les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, et - 30% en cas d'accord mondial).
Gordon Brown, le Premier ministre britannique a réaffirmé dimanche son engagement à faire tout son possible "pour obtenir un accord qui marque un tournant décisif mondial dans la lutte contre le changement climatique". Dans un courrier adressé au Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen confirmant sa participation au sommet, Gordon Brown soutient que "tous les dirigeants ont la responsabilité de venir ensemble à Copenhague pour réaliser cet objectif". "Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer", conclut-il dans ce courrier rendu public par Downing Street.
Peur de l'échec
Mais où se situe l'échec? Dans le fait qu'aucun accord ne soit trouvé ou dans celui que l'on se contente d'un compromis?
Vendredi 20 novembre, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a clairement affiché des prétentions bien en-deçà des enjeux. Il en est à espérer que le sommet climatique mondial de Copenhague sera "un tremplin" pour un nouvel accord, qu'il considère hors de portée en décembre.
"Nous savons maintenant que malheureusement nous ne serons pas en mesure d'obtenir à Copenhague un nouveau traité contraignant", a-t-il déclaré, à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec des chefs d'entreprise. "Mais nous travaillons fort pour obtenir un accord opérationnel, basé sur de véritables engagements politiques de toutes les parties, auxquels tous les acteurs majeurs contribuent", a-t-il ajouté.
Texte simple
M. Barroso espère que la conférence de Copenhague débouche sur "un texte simple, compréhensible et clair, qui engage tous les pays".
"Nous cherchons à garder les éléments essentiels du traité de Kyoto, tout en incluant ces grands pays pollueurs qui ne l'ont pas signé ou ratifié jusqu'à présent, ou n'avaient pas pris d'engagements", a précisé le président de la Commission européenne.
L'accord trouvé à Copenhague "devrait inclure des chiffres spécifiques et individuels sur les réductions d'émissions" et "un plan financier détaillé pour aider les pays en développement", selon lui.
Des actions concrètes doivent arriver sans même attendre un nouvel accord contraignant car "le changement climatique a lieu maintenant". Très souvent, nous parlons d'objectifs pour 2020 ou 2050, certains oublient que le changement climatique ne va pas commencer à partir de ces dates là et que nous en ressentons déjà les conséquences. Et de manière réellement dramatique dans certaines parties du monde", a conclu José Manuel Barroso.
Mauvais accord ou...
Lors du "Forum Copenhague", organisé par Europe Ecologie samedi dernier à Paris, l'ancien Premier ministre Michel Rocard a défendu l'idée qu'il ne servait à rien de négocier un accord à Copenhague puisque ce ne serait qu'un "mauvais accord. Pour lui, mieux vaut donc trouver "un compromis".
Mais ce pessimisme n'est pas unanime. Un souffle d'espoir s'est propagé hier peu avant le début d'une ultime réunion des ministres de l'Environnement de l'Union Européenne sur Copenhague.
... accord précis
"Je crois que nous aurons un accord très précis" à Copenhague, a soutenu Yvo de Boer, le responsable des négociations de l'ONU sur le climat. "Je crois que nous aurons une liste d'objectifs des pays riches, une clarification sur ce que des pays en développement majeurs comme l'Inde et la Chine sont prêts à faire, mais aussi une clarification des financements (pour l'aide aux pays pauvres) à travers une liste de contributions", a-t-il jugé.
M. de Boer s'est félicité des récentes promesses faites par le Brésil, la Corée du Sud, la Russie ou le Japon. "La question clef actuellement ce sont les Etats-Unis", car "tout le monde est prêt", a-t-il néanmoins insisté. "Je pense que le président américain Barack Obama sera en mesure de venir à Copenhague avec un objectif (de réductions des émissions polluantes) et une contribution financière (aux efforts des pays pauvres)", a-t-il ajouté. Il n'a "pas besoin" pour cela de finaliser un texte législatif dans son pays, avant les négociations internationales de Copenhague, selon M. de Boer.
"Aucun des pays qui avaient signé l'accord de Kyoto n'avait mis en place un texte législatif, ils l'ont tous fait après", a rappelé le responsable des négociations.
Les 191 pays invités plus le Danemark, pays hôte, sont censés trouver un accord mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour remplacer le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Plus de 60 chefs d'Etat devraient venir.
Des doutes ont émergé ces dernières semaines quant aux chances de la conférence de déboucher sur un accord contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre et sur l'octroi aux pays pauvres d'un accès aux technologies vertes pour contrer le réchauffement climatique.






















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