Les banques chinoises, qui ont massivement prêté ces derniers mois, pourraient avoir besoin de lever des dizaines de milliards de yuans dans les prochaines années, estiment les analystes de deux banques occidentales dans des rapports.

Ces augmentations de capital leur permettraient d'être moins vulnérables à une éventuelle hausse de leurs créances douteuses et de faire face aux exigences du gouvernement chinois en matière de ratio de fonds propres, expliquent BNP Paribas et Citigroup.

Les banques chinoises doivent être dotées de fonds propres d'au moins 8% du montant de leurs prêts totaux. Cependant, certaines pourraient voir leur ratio chuter après avoir abondamment prêté depuis le début de l'année.

Nouveaux capitaux

Or selon BNP Paribas, les autorités, inquiètes des risques potentiels de hausse des prêts non performants qui pourrait accompagner cette explosion du crédit, poussent les banques à porter le ratio de fonds propres à 10% et à renforcer leur bilan.

"Avec la hausse rapide attendue du crédit et l'expansion des bilans en 2009 et 2010, les banques vont vraisemblablement avoir besoin de lever de nouveaux capitaux pour être conformes aux nouveaux critères de ration de fonds propres", estime écrit Dorris Chen, économiste à Shanghai de BNP Paribas.

Selon elle, onze banques cotées à Shanghai et Hong Kong pourraient vouloir récolter 326 milliards de yuans (32 milliards d'euros).

Fonds propres

Pour sa part, Simon Ho, analyste de Citi, a estimé dans une étude que les plus petites banques cotées à Shanghai pourraient nécessiter jusqu'à 113 milliards de yuans d'ici à 2011 (11 milliards d'euros), en sus des plans de levée de fonds déjà annoncés de 53 milliards de yuans. "Aucune des banques (cotées à Hong Kong) n'a pour le moment un tel besoin mais cela pourrait se produire dans les deux ou trois ans", ajoute-t-il.

Selon lui, le ratio de fonds propres des banques chinoises allait fin septembre de 8,5% à 16,1%. Interrogées par l'AFP, plusieurs banques ont nié tout projet de levée de fonds.

En début de semaine, la Commission de régulation bancaire a averti les banques qu'elles risqueraient des sanctions si elles ne se conformaient pas à certaines règles de prudence, en matières de fonds propres et de provisions pour perte sur prêts notamment.