Alors que le premier ministre vient d'annoncer sa présence à la conférence internationale de Copenhague sur le climat, la Chine affiche ses ambitieux objectifs.

Le deuxième plus gros pollueur mondial avec les Etats-Unis vise une réduction de 40 à 45% de ses émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB d'ici 2020 par rapport à 2005, a rapporté l'agence Chine Nouvelle jeudi.

Mais cet engagement prend pour année de référence 2005 alors que les accords internationaux (Protocole de Kyoto) ou régionaux (accord européen de 2007) prennent pour point de départ 1990. L'Europe -seul région à avoir pris des engagement contraignants- s'est ainsi engagée à réduire ses émissions de 20% en 2020 par rapport à 1990 et de porter cet effort à 30% si un accord international est pris.

A Copenhague, les pays les plus engagés souhaitent une réduction des émissions de l'ordre de 30 à 40% d'ici à 2020 par rapport à 1990, ce qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à 2°c.

Car, selon l'étude annuelle du consortium scientifique Global Carbon Project, publiée mardi 17 novembre dans la revue Nature Geoscience, les émissions de CO2 se sont accélérées avec une hausse de 29% dans le monde depuis 2000 et de 41% depuis 1990. Cela corrsepond au pire scénario avancé par le le GIEC, le groupe intergouvernemental d'expert sur le climat, en 2007.

Une action volontaire

Dix jours avant l'ouverture du sommet de Copenhague sur le climat, "c'est une action volontaire prise par le gouvernement chinois en fonction des conditions du pays et une contribution importante aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique", a déclaré le Conseil d'Etat (gouvernement), cité par l'agence.

L'annonce chinoise intervient au lendemain de la confirmation par la Maison blanche de la venue du président américain Barack Obama à Copenhague et de la présentation de ses objectisf sur le sujet.

Washington ambitionne une baisse de 17% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis d'ici 2020, puis de 30% d'ici 2025 et de 42% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005. Pour les observateurs, ce geste américain était de nature à mettre la pression sur la Chine.

Un pas positif ....

L'annonce chinoise a été saluée comme "un pas très positif" par Greenpeace, qui a néanmoins souligné que la Chine aurait pu faire "davantage". Avec les Etats-Unis, la Chine est un acteur clef à Copenhague pour obtenir un succès.

La Chine est en effet le premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, mais elle refuse de se fixer des objectifs contraignants en matière de réduction d'émissions polluantes pour ne pas sacrifier sa croissance, alors que des millions de ses habitants vivent toujours dans la pauvreté.

En parlant non pas de réduction globale mais de réduire les émissions par point de pourcentage du Produit Intérieur Brut, la Chine souligne aussi que sa priorité reste le maintien de la croissance économique.

....mais peu contraignant

Systématiquement, le pays asiatique renvoie les pays industrialisés à leurs "responsabilités historiques", les enjoignant de financer des transferts de technologie "propre" vers les pays en développement.

Pékin s'était néanmoins engagé pour la période 2006-2010 à réduire de 20% ses émissions polluantes par unité de produit intérieur brut et vise à tirer 10% de son énergie de sources renouvelables en 2010, puis 15% en 2020.

Selon Wu Changhua, directrice pour la Chine du Climate Group, elle devrait arriver à seulement 18% de réduction sur 2006-2010 et encore, aidée par le fort ralentissement économique dû à la crise traversée par la planète.