59 milliards de dollars. C'est le montant des dettes dont Dubai World, filiale de l'émirat du golfe, cherche à renégocier les modalités de remboursement avec ses créanciers.
"Dubai World a l'intention de demander à tous les apporteurs de financements de Dubai World et de Nakheel un moratoire et un report des échéances jusqu'au 30 mai 2010 au moins", a précisé le gouvernement de Dubai dans un communiqué, selon l'agence Reuters.
L'annonce a provoqué sur les marchés financiers une hausse du coût de la protection contre un risque de défaut sur la dette de Dubai. Les agences Moody's et Standard & Poor's ont abaissé leur notation du crédit de plusieurs entreprises publiques, indiquant qu'elles pourraient faire défaut.
Les dettes de Dubai World représentent les trois quarts des dettes de l'émirat. Celui-ci cherche notamment à obtenir un accord avec les créanciers pour reporter l'échéance d'une obligation de 3,52 milliards de dollars due le 14 décembre, que doit rembourser Nakheel PJSC, sa filiale immobilière, connue pour avoir piloté la construction d'îles artificielles en forme de palmier.
9 milliards à rembourser
D'autres échéances de remboursement suivront au cours des prochains mois, totalisant près de 9 milliards de dollars.
Moody's a indiqué avoir abaissé les notes de crédit d'Emaar Properties, le plus gros promoteur immobilier des Emirats Arabes Unis, de Jebel Ali Free Zone (parcs d'activité), de DIFC Investments et de Dubai Holding Commercial Operations. DP World, opérateur du plus gros réseau portuaire du Moyen-Orient et Dubai Electricity & Water Authority ont également vu leur note dégradée.
Dubai, le deuxième plus gros émirat d'un ensemble de 7 royaumes qui forment les Emirats Arabes Unis, a déjà fait l'objet d'un sauvetage de 10 milliards de dollars de la part de l'émirat cousin d'Abou Dhabi, détenteur d'importantes réserves pétrolières et propriétaire de l'un des plus gros fonds souverains au monde.
Soutien d'Abou Dhabi
Les principales banques publiques d'Abou Dhabi ont d'ailleurs souscrit 5 milliards de dollars d'obligations émises par le gouvernement de Dubai.
Fin 2008, Dubai World affichait un revenu de 14,2 milliards de dollars, et son bilan totalisait 99,6 milliards de dollars. Mais l'émirat fait preuve de très peu de transparence sur sa situation financière.
Mercredi, l'émirat a annoncé la nomination de Aidan Birkett, associé chez Deloitte LLP, comme responsable de la restructuration de Dubai World. "Dubai World détient un portefeuille stratégique d'activités", explique l'émirat dans un communiqué de presse.

















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