En annonçant un moratoire sur le paiement des dettes de Dubai World, l'émirat de Dubai a provoqué une vague de panique sur les marchés financiers, en raison surtout d'un manque de transparence sur les implications d'une telle nouvelle sur le reste du monde.
Ce moratoire constitue une première étape dans la restructuration des dettes de l'émirat. Pour tenter de rassurer les marchés financiers, le gouvernement de Dubai a indiqué que DP World, une des filiales de Dubai World qui exploite 49 ports dans le monde, ne serait pas inclue dans la restructuration.
La situation est en revanche plus critique pour Nakheel Properties, le promoteur immobilier, et Istithmar, le fonds d'investissement de l'émirat. Plusieurs entreprises publiques originaires de Dubai ont vu leur note dégradée par les agences de notation Moody's et Standard & Poor's.
Sérieux revers
Nakheel a annoncé qu'il ne serait pas en mesure de rembourser une obligation islamique ("Sukuk") de 3,5 milliards de dollars, dont l'échéance est fixée au 14 décembre. Ce défaut de paiement est à l'origine des difficultés de l'émirat.
"La restructuration de la dette de Nakheel constitue un sérieux revers non seulement pour Dubai mais également pour les pays du Golfe en raison du manque de transparence et le sentiment meurtri que peuvent éprouver les investisseurs", notaient Turker Hamzaoglu et Munir Shahin, respectivement économiste et analyste chez Merrill Lynch, dans une note aux investisseurs publiée mercredi.
Le cours du baril de brut est passé sous les 73 dollars à New York et le dollar s'est un peu renforcé par rapport à l'euro, cotant 1,4914 dollar pour 1 euro. Vendredi, les bourses asiatiques ont perdu du terrain: -3,2% à Tokyo, l'indice MSCI Asia Pacific reculant de 3,3%, affichant sa plus forte baisse en séance depuis le 17 août.
Négociations serrées
Les banques, qui ont généralement un poids important dans les indices boursiers, ont été les plus touchées jeudi et vendredi. C'est le cas de HSBC qui est l'une des plus exposées aux Emirats Arabes Unis avec 11,3 milliards d'euros de prêts à fin 2008, selon les chiffres publiés par l'association des banques émirates, devant Standard Chartered et Barclays. Mais les banques locales sont aussi très exposées, comme Abu Dhabi Commercial Bank et Emirate NBD PJSC.
Ce sont justement les banques qui vont devoir maintenant trouver un accord avec le gouvernement de Dubai. "L'annonce de Doubaï provoquera probablement une réévaluation des risques attachés aux dettes d'entreprises détenues par des fonds souverains de la région", écrit vendredi l'agence Reuters.
D'ores et déjà, les marchés considèrent que la dette de Dubai est plus risquée que celle de l'Islande ou que le Roumanie. Le marché ne parie toutefois pas que la situation atteindra le niveau de risque observé aujourd'hui en Argentine ou en Ukraine.

















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