Total est de retour en Irak, où plusieurs champs pétrolifères ont été attribués vendredi et samedi, mais le groupe français rentre par la petite porte dans ce pays qui l'a pourtant vu naître et qui ambitionne de venir concurrencer les principaux producteurs de brut.
Total figure à hauteur de 25% dans un consortium, emmené par le chinois CNPC (50%), qui a remporté vendredi le champ d'Halfaya (sud), dont les réserves sont de 4,09 milliards de barils.
Mais il s'agit d'un retour timide. Halfaya n'était pas le principal des sept champs attribués en deux jours. Total convoitait le gisement géant de Majnoun, dans le sud du pays, dont les réserves sont évaluées à 12,58 milliards de barils. Mais il a été battu par un consortium composé de l'anglo-néerlandais Shell et du malaisien Petronas, qui proposait 1,39 dollar le baril pour une production de 1,8 million de barils par jour.
"On ne peut pas bâtir de partenariat à long terme"
Total, associé au chinois CNPC, proposait de porter la production de ce champ à 1,45 million de barils par jour (contre 45.900 b/j aujourd'hui) en échange d'une rémunération de 1,75 dollar le baril. Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a fait part lundi dans Le Monde de sa "déception" de ne pas avoir décroché l'exploitation d'un grand champ pétrolier. Vu les prix proposés "je n’avais pas envie de gagner", affirme cependant M. de Margerie. "C’est en dehors de tous nos principes d’investissement", ajoute-t-il.
Au prix offert par le consortium concurrent Shell-Petronas, "on ne peut pas bâtir de partenariat à long terme. Un investisseur à long terme, qui prend des engagements vis-à-vis du pays et de la société où il travaille, ne peut pas être payé comme un simple contracteur", affirme le directeur général du 4e groupe pétrolier international.
"L’Irak est un pays très important qui continue de nous intéresser. Ce n’est que partie remise", ajoute-t-il toutefois.Total et l'américain Chevron sont désormais les deux seules "majors" du pétrole à ne pas exploiter de champ pétrolier en Irak, au contraire de Shell, BP et ExxonMobil.
Mais les faibles prix proposés pour l'exploitation de ses gisements irakien avaient déjà refroidi les compagnies étrangères. En juillet, l'appel d'offres lancé par le gouvernemet irakien s'était soldé par des échecs.























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