Un nouveau projet d'accord mondial contre le réchauffement, ne contenant aucun objectif chiffré ni sur les réductions des émissions polluantes ni sur le financement, a été rendu public ce mardi à Copenhague par les responsables de la négociation.
Selon un négociateur européen, ce texte devait être révisé dans la nuit de mardi à mercredi, quand les groupes de travail mandatés sur chacun des points sensibles auront rendu leur copie, en particulier sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés à moyen et long terme.
A ce stade, le texte ne précise même plus la volonté de limiter le réchauffement de la température moyenne de la planète à un seuil déterminé. Le précédent projet, rendu public vendredi, mentionnait deux objectifs possibles: +1,5° ou +2°. Certes, tous les pays n'étaient pas enchantés par l'intégralité du contenu du premier projet mais de là à retirer toute donnée chiffrée et tout objectif...
La formulation du premier avait provoqué le mécontentement des Américains qui avaient jugé qu'il ne pouvait, sur la question cruciale de la réduction des émissions polluante, servir de base de négociation.
Le principal point de désaccord portait sur le vocabulaire utilisé. Il stipulait que les pays industrialisés "doivent" prendre des engagements de réduction alors que les pays en développement "pourraient"" le faire.
"Si nous parlons de la nécessité de contenir le réchauffement en-dessous de 2°C (supplémentaires) par rapport aux niveaux industriels, on ne peut pas réellement discuter tant que les principaux pays en développement ne s'apprêtent à jouer un vrai rôle", avait souligné l'émissaire américain pour le climat, Todd Stern.
Urgence
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté lundi les négociateurs de la conférence climat de Copenhague à "redoubler d'efforts" pour parvenir à un accord, après que les pays africains eurent brièvement suspendu leur participation pour exprimer leur frustration.
Depuis New York, il a rappelé que le temps était "compté". "Ce n'est plus le moment de gesticuler (...) chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague", a-t-il lancé. "Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d'avoir un accord faible, ou pas d'accord du tout", a mis en garde le chef de l'ONU.
Les délégués de 193 pays -dont plus de 110 chefs d'Etat attendus en sommet le 18 décembre- doivent s'accorder d'ici vendredi sur la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2 degrés.






















