Hervé Falciani, ancien informaticien de la banque HSBC à Genève, accusé d'avoir dérobé des informations confidentielles transmises aux autorités françaises, affirme dans Le Figaro de lundi qu'il avait alerté en vain les autorités suisses "à la fin de l'été 2006".

A son arrivée à la banque HSBC de Genève, l'informaticien découvre que les standards de sécurité des bases de données ne sont pas respectés, ce qui permettrait de manipuler les données. "La direction anglaise a du mal à imposer de la rigueur qui empêcherait de manipuler les données", déclare-t-il.

Il décide d'en avertir sa hiérarchie. "Mes propositions n'étaient pas entendues. Je subissais des contraintes, des pressions au sein de la banque. Ce qui me décide, c'est l'ampleur du phénomène. J'alerte les autorités suisses à la fin de l'été 2006. À la suite de la non-réponse de la Confédération, je démarche d'autres autorités, explique t-il dans cet entretien, précisant juste qu'il s'agit "d'autorités gouvernementales".

Il réfute avoir "monnayé quoi que ce soit", notamment au Liban où il s'est rendu en 2008. "On m'a manipulé pour aller là-bas". A son retour du Liban, Hervé Falciani s'adresse directement à la police judiciaire française.

Une porte-parole du procureur fédéral helvétique a indiqué vendredi que l'ex-employé de la banque HSBC a collaboré avec les autorités françaises dès en juillet 2008. Le Ministère public de la Confédération (MPC, procureur fédéral) "n'a à aucun moment transmis des données ou des codes de déchiffrage aux autorités française", a-t-elle souligné. Selon le MPC, "des mots-clés ont été transmis uniquement parce que les autorités françaises l'ont exigé, faute de quoi la demande d'entraide judiciaire suisse ne pouvait être exécutée".

Depuis la révélation de cette affaire et de la liste volée, la Suisse continue de mettre la pression sur la France en lançant un ultimatum pour récupérer d'ici à Noël les données volées à la banque HSBC à Genève. En cas de refus, les parlementaires suisses menacent de ne pas ratifier l'accord d'échange fiscal entre la France et la Suisse.