Le Sirius Star est libre et vogue vers de nouvelles aventures. Sans doute moins houleuses. Le superpétrolier saoudien, pris en otage pendant deux mois par des pirates somaliens avec deux millions de barils de pétrole à son bord, devait quitter samedi 10 janvier les eaux de la Somalie, a déclaré le ministre saoudien du pétrole. Le superpétrolier a été libéré vendredi 9 janvier.
Peu avant, le propriétaire du superpétrolier, Vela International Marine Ltd, filiale de transport maritime de la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures Aramco, avait confirmé la libération du bateau et affirmé que ses 25 membres d'équipage étaient en bonne santé. Vendredi 9 janvier, c'est le chef des pirates lui-même qui avait alerté l'AFP que lui et ses hommes avaient quitté le bateau. Aucune indication officielle en revanche n'a été fournie sur une éventuelle rançon que les pirates auraient touché et qui, selon des informations non confirmées, serait de l'ordre de 3 millions de dollars. "Je ne peux pas commenter ce genre d'informations", a déclaré un porte-parole de Vela, interrogé par l'AFP.
Le chef des pirates, lui, a été plus loquace affirmant même à l'AFP avoir perdu une partie du butin en quittant le bateau. "Six de nos gars ont péri en mer en revenant du supertanker saoudien" lorsque leur embarcation a chaviré, a-t-il raconté. "La petite embarcation à bord de laquelle se trouvaient ceux qui sont morts et huit autres pirates qui ont survécu était surchargée et naviguait à grande vitesse car ils avaient peur d'être pris en chasse" par les forces de la coalition navale internationale antipiraterie, a-t-il ajouté, soulignant: "il y avait également 300.000 dollars à bord du bateau, que l'on n'a pas encore retrouvés".
Dans un bref communiqué mis en ligne sur son site internet, Vela écrit que "le Sirius Star, avec tous ses membres d'équipage, ont été relâchés par leurs ravisseurs". "Nous sommes très soulagés (...) que tous les membres d'équipage soient en bonne santé et qu'ils aient un bon moral", a déclaré le président de Vela, Saleh Kaaki, assurant leurs familles qu'ils "seront bientôt de retour chez eux".
Les pirates avaient réclamé le 19 novembre 25 millions de dollars pour relâcher le bateau mais avaient ensuite réduit leurs exigences financières. Des sources proches des négociations avaient état vendredi du versement de trois millions de dollars à un groupe de pirates à terre jeudi.
Le superpétrolier, lancé en 2008 et d'une valeur de 150 millions de dollars, était chargé de deux millions de barils de brut, une cargaison estimée à l'époque de sa capture à 100 millions de dollars. Le jour de la capture du bateau, le 17 novembre, le prix du baril de pétrole atteignait 56,15 dollars à Londres. Aujourd'hui, le cours du baril oscille depuis la mi-décembre autour des 40 dollars. Et remonte doucement.

















