Pas un jour désormais sans l'information Madoff. La fraude, présentée depuis décembre dernier comme l'escroquerie du siècle, pourrait avoir fait jusqu'à trois millions de victimes directes ou indirectes dans le monde. C'est ce qu'estime un cabinet d'avocats espagnol qui a déposé plainte aux Etats-Unis au nom de victimes espagnoles.
"Nos calculs sont qu'au moins trois millions de personnes ont été affectées par l'affaire Madoff, trois millions de particuliers qui peuvent être directement ou indirectement affectés", a déclaré lors d'une conférence de presse à Madrid Javier Cremades, du cabinet Cremades&Calvo Sotelo. Selon le cabinet, "environ 30% ignorent qu'elles ont été lésées par l'affaire Madoff". Beaucoup ne s'en sont pas encore aperçus parce que leurs placements via des banques ou fonds d'investissements ne sont exposés que de façon marginale.
L'avocat a souligné que cette estimation avait été faite en recoupant les données recueillies par 30 cabinets d'avocats dans le monde chargés de défendre les victimes réparties dans 25 pays de cette escroquerie pyramidale estimée à 50 milliards de dollars.
Ces cabinets d'avocats représentent au total 2.900 particuliers ou institutions ayant investi dans des produits du financier américain Bernard Madoff, à travers certaines de plus grandes banques au monde. Selon Javier Cremades, ils calculent que la fraude Madoff va déboucher sur un total d'environ 15.000 plaintes qui feront travailler jusqu'à 300 cabinets d'avocats et 45.000 avocats dans le monde.
Les clients espagnols et sud-américains du fonds Optimal de Santander ont été exposés à hauteur de la somme record de 2,33 milliards d'euros, alors que le géant bancaire espagnol n'est lui-même exposée qu'à hauteur de 17 millions d'euros. Quelques heures seulement après l'annonce de la plainte, Santander avait proposé à ses clients particuliers le remboursement intégral de leur mise, sous forme de titres d'une rentabilité de 2% sur 10 ans, pour un total de 1,38 milliard d'euros, devenant la première banque à prendre un tel engagement. L'offre de Santander "va dans la bonne direction", a jugé Javier Cremades, soulignant que son cabinet laissait ses clients décider de l'accepter ou non et que la majorité des victimes argentines "vont la rejeter".


















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