L'Europe s'inquiète du risque de retour du protectionnisme aux Etats-Unis et est prête à saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC). C'est une clause discrètement glissée dans le plan de relance américain qui est en train de déclencher les foudres des Européens. L'article, "Buy American" ("Achetez américain"), perdu dans le projet de "stimulus fiscal" de près de 650 pages, propose d'interdire l'achat de fer ou d'acier étranger pour les projets d'infrastructures que financerait le plan de relance américain, à moins que l'offre d'acier américain ne suffise pas ou que son prix augmente la facture finale de plus de 25%.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a lancé, mardi 3 février, une mise en garde contre cette mesure protectionniste si elle est adoptée par le Sénat et si le plan est promulgué par Barack Obama. "Le protectionnisme est la mauvaise réponse" face à la crise internationale, a ajouté Angela Merkel, qui a discuté de ce point au téléphone avec le président Barack Obama.
Les Européens vont observer attentivement le texte américain pour voir s'il est en infraction avec les traités commerciaux internationaux. Si l'article est adopté tel quel, les Européens porteront plainte à l'OMC.
Cette disposition n'est pas passée inaperçue à l'étranger, où elle a été largement considérée comme une violation des règles du libre-échange et de l'Organisation mondiale du commerce. La Commission européenne a prévenu qu'elle ne resterait pas "les bras croisés à ne rien faire" si la clause restait dans le texte final. Le Canada et la France ont exprimé leur préoccupation.
La question est particulièrement sensible pour l'Allemagne, qui est le premier exportateur mondial, et qui compte plusieurs poids lourds de la sidérurgie mondiale. Le Canada qui exporte 40% de son acier vers les Etats-Unis s'inquiète également de cette mesure.

















