Les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase ont annoncé vendredi des moratoires sur les saisies immobilières, deux jours après avoir affronté la colère de parlementaires leur reprochant de ne pas faire assez pour leurs clients en dépit des fonds publics reçus. Quelques heures plus tard, les organismes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac ont annoncé des mesures similaires jusqu'au 6 mars, s'interdisant de mettre en vente des propriétés saisies ou d'expulser leurs occupants.
Les deux banques ont indiqué que ce moratoire devait tenir jusqu'à l'annonce par l'administration de nouvelles règles sur la renégociation des prêts de propriétaires en détresse. Le président américain Barack Obama doit présenter mercredi 18 février un plan destiné à enrayer les saisies immobilières, alors que le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a annoncé mercredi que l'Etat américain dépenserait 50 milliards de dollars pour favoriser la renégociation de prêts immobiliers.
Le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, dans une lettre au président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants Barney Frank, a précisé que le moratoire de sa banque était prévu pour durer jusqu'au 6 mars. "Nous sommes prêts à travailler avec vous pour mettre en place les procédures qu'il faudra, y compris une norme nationale de modification [des conditions de prêt], pour réduire le nombre de saisies et encourager des prêts immobiliers viables et à long terme", a écrit M. Dimon à M. Frank.
Citigroup a indiqué de son côté dans un communiqué que son moratoire pourrait durer jusqu'au 12 mars. Son directeur général Vikram Pandit avait encouragé, lors d'une audition parlementaire mercredi, les propriétaires à contacter leur agence bancaire en cas de défaut de paiement: parmi ceux qui l'ont fait, quatre sur cinq ont pu trouver une solution et rester chez eux, avait-il expliqué. Il avait déjà promis que son établissement "s'engagerait à assurer que les gens puissent rester chez eux, par un moratoire".
Vendredi 13 février, Citigroup a précisé que "depuis le début de la crise du logement en 2007, Citi a travaillé avec succès avec environ 440.000 propriétaires pour aider des saisies potentielles liées à des emprunts hypothécaires représentant environ 43 milliards de dollars au total". La crise du crédit immobilier aux Etats-Unis, qui a éclaté à l'été 2007, est à l'origine de la crise financière qui s'est accélérée en septembre dernier. Le nombre de préocédures de saisie immobilière a reflué de 10% en janvier par rapport à décembre, mais reste encore supérieur de 18% à celui de janvier 2008, a indiqué jeudi le cabinet spécialisé RealtyTrac.




















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