La journée du 2 avril s'annonce chargée pour les chefs d'Etat des pays membres du G20 ainsi que pour les chefs d'Etat invités. Les motifs de débat voire de fâcherie ne manqueront pas, et ce malgré le discours plutôt rassurant du président américain ou de son secrétaire au Trésor, Tim Geithner. Les dirigeants américains ont estimé qu'il y a un "faible écart" entre les positions américaines, britanniques, celle de l'Europe continentale et celle des pays émergents.
On n'entend pourtant à un autre son de cloche de ce côté-ci de l'Atlantique. Lundi soir, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on indiquait ne pas avoir trouvé d'accord sur un certain nombre de sujets considérés comme incontournables -règles comptables et normes prudentielles, centres non-coopératifs (paradis fiscaux) ou encore hedge funds.
Sur les paradis fiscaux et la régulation des hedge funds, "le débat fait rage" indiquait une source proche de l'Elysée à l'agence Dow Jones. Sur les normes comptables, "beaucoup de nos partenaires sont réticents" à les modifier pour en atténuer l'impact procyclique, ajoutait cette personne évoquant un "débat philosophique". Une avancée pourtant réclamée par certains experts qui appellent à une correction des excès passés de la part des banques.
La France et l'Allemagne, fers de lance de l'une plus grande supervision, estiment que la réforme financière est une condition d'efficacité des plans de relance économique à court terme promus par les anglo-saxons. Mais les Européens veulent aussi se donner un peu de temps avant de devoir prendre de nouvelles mesures de relance, si la conjoncture continue de se dégrader. Au final, le débat pourrait porter sur le bon dosage entre relance budgétaire et supervision accrue de la finance globale.
L'un des grands absents des débats restera la question des devises. Et les sorties de la Chine sur le rôle du dollar ou le renforcement des Droits de Tirage Spéciaux comme monnaie de référence du système financier international semblent répondre à préoccupations plutôt liées à la gouvernance des institutions internationales, FMI et Banque Mondiale en tête.
Sur ces questions de gouvernance mondiale, le G20 devrait accoucher d'une souris: accepter le principe d'une réforme et se fixer un calendrier, guère plus. Mais une avancée sur ce sujet permettrait aussi de satisfaire aux demandes des pays émergents, en mal de représentation dans les instances internationales.
















