Présenté comme une réponse coordonnée du monde face à un capitalisme débridé, le discours des chefs d'Etat au sommet du G20 à Londres ce jeudi semble encore avoir du mal à s'accorder, après un dîner de travail à la résidence du Premier ministre britannique Gordon Brown. Pendant ce temps, les manifestations dans Londres ont fait une victime mercredi.

Selon un projet de communiqué obtenu par l'agence Reuters, les chefs d'Etat du G20 affirment leur volonté de mettre fin au capitalisme sans entrâve. Parmi les annonces du G20 devraient figurer un plus grand contrôle des fonds spéculatifs ("hedge funds"), une régulation financière plus étendue et la refonte du Fonds Monétaire International. Le communiqué contient également un engagement à employer des moyens à la hauteur des problèmes actuels de l'économie mondiale, rejoignant ainsi les positions américaines.

L'objet du sommet du G20, qui rassemble pays riches et émergents et fait suite à une précédente réunion en novembre à Washington, est de coordonner les réponses à la crise qui frappe l'économie mondiale. Mais tout le monde ne voit pas les mêmes solutions face à un problème commun.

Les Etats-Unis prônent, pour y faire face, une forte relance budgétaire et sont rejoints sur ce point par le Japon. L'Allemagne et la France sont plus réticentes à creuser leurs déficits et demandent un renforcement de la régulation financière.

Le président américain a calmé le débat mercredi, estimant que les pays avaient "la responsabilité de coordonner (leurs) actions et de (se) concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques". Mais il a souligné que son pays "ne pouvait être le seul moteur de la croissance" mondiale.

Barack Obama s'est d'ailleurs empressé d'affirmer qu'il n'y a pas de grande différence entre sa position et celle des Européens continentaux, emmenés par la France et l'Allemagne. Ce sommet est son premier voyage en Europe depuis sa prise de fonction. Obama a déjà rencontré mercredi Gordon Brown, qui l'avait déjà vu à Washington, et pour la première fois les présidents russe Dmitri Medvedev et chinois Hu Jintao. Il devait voir jeudi les dirigeants sud-coréen, saoudien et indien.

Le G20 doit également s'accorder pour augmenter les moyens d'institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et s'engager à ne pas adopter de mesures protectionnistes.

La réunion officielle du G20 débute à 8 heures 30 ce jeudi et doit se terminer à 13h30 par la publication d'un communiqué suivi des conférences de presse.

La capitale britannique a dès mercredi été le théâtre de manifestations altermondialistes et l'un des participants est mort non loin du siège de la Banque d'Angleterre dans des circonstances non élucidées. Plusieurs personnes ont été blessées lors de heurts entre police et manifestants qui ont brisé les vitres d'établissements bancaires et une vingtaine de personnes ont été interpellées.

De nouvelles manifestations sont prévues jeudi aux alentours de l'Excel Center, le centre de conférences de l'est londonien où se déroule le sommet, placé sous très haute surveillance.