Les rémunérations, bonus et parachutes dorés, critiqués pour être octroyés à des dirigeants alors même que leurs sociétés sont en pleine déconfiture, doivent être ajustés aux performances des sociétés, estime jeudi 2 avril le Forum de stabilité financière (FSF).
"Les bonus doivent être réduits ou supprimés en cas de mauvais résultats d'une société, d'une de ses divisions ou activités", a souligné dans un communiqué le FSF. Les entreprises du secteur financier doivent lier les rémunérations à une gestion prudente du risque et soumettre leur attribution à une autorité de surveillance, selon l'institution.
Concrètement, le Forum propose de lier les bonus aux performances des sociétés. Dans le cas de risques à long terme, par exemple sur des actifs financiers menacés de dépréciation, les bonus pourraient être retenus jusqu'à la dissipation du risque. En cas de réalisation d'un scénario de risque, les bonus pourraient tout simplement être supprimés. Si un employé quitte la société avant que le risque ne se réalise, le bonus ne devrait pas être payé en avance, souligne le FSF.
Les parachutes dorés, ces larges compensations financières versées à un dirigeant lorsque ce dernier quitte une entreprise, sont "malsains" s'ils ne prennent pas en compte la performance ou le risque pris par le salarié sur le départ, juge le Forum. "Ces incitations perverses ont amplifié une prise de risque excessive qui a sérieusement mise en danger le système financier mondial", précise l'institution. Le FSF prévient par ailleurs qu'il ne cherche pas à limiter les salaires mais à endiguer les prises de risques.
Les bonus ou parachutes dorés versés en Europe ou aux Etats-Unis à des dirigeants, dont les sociétés sont en difficultés ou ont bénéficié d'aides publiques, ont été vivement critiqués par l'opinion publique et la classe politique, amenant dans certains cas les dirigeants à renoncer à leurs rétributions. Ce fut notamment le cas en France de la Société Générale, de BNP Paribas et du Crédit Agricole.
















