A la question 'La Chine peut-elle être la locomotive de la reprise mondiale?, Françoise Lemoine, économiste au centre d'études prospectives et d'informations internationales à Paris (CEPII), répond non. "La Chine pèse 6% du PIB mondial, contre 25% pour l'Europe et 25% pour les Etats-Unis. C'est une grande puissance mais pas une superpuissance. Avec ses 6% à 7% de croissance en 2009, la Chine va certes contribuer à porter la croissance mondiale vers le haut mais elle ne peut pas tirer la croissance des Etats-Unis ou de l'Europe parce qu'elle est trop petite. Contribuer et entraîner sont deux choses différentes".

Effets positifs de la croissance chinoise

La croissance chinoise aura tout de même des effets positifs pour la stabilité des prix des produits énergétiques et alimentaires, pour les pays exportateurs de matière première ou encore pour les entreprises européennes qui exportent des avions ou des centrales nucléaires, selon l'économiste. Mais gardons à l'esprit que même la reprise de l'économie chinoise est encore fragile, comme l'expliquait Françoise Lemoine dans La Presse.

Reprise fragile

"L'économie chinoise a probablement touché son point bas (au premier trimestre 2009 avec 6,1% de croissance), mais nous restons sceptiques quant à la solidité et l'ampleur véritable du rebond de l'activité réelle", indique Christine Peltier, économiste à la direction des études économiques de BNP Paribas. "Le redressement actuel est soutenu par les dépenses publiques et des injections massives de liquidités dans l'économie. Pour se poursuivre durablement en 2010, il devra aller de pair avec une reprise solide de la demande émanant du secteur privé, qui elle-même nécessite une reprise du commerce mondial et un renforcement de la demande des ménages".