En réunion officielle ce vendredi à Lecce, dans le sud de l'Italie, les ministres des finances des huit pays les plus riches de la planète doivent rassurer. Les mesures de relance décidées pour combattre la crise, en faisant s'envoler déficits budgétaires et endettement public, font craindre que des poussées inflationnistes n'étouffent dans l'œuf toute reprise économique.

La semaine dernière, les remontrances sont venues des banquiers centraux américain et européen, Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet. "A moins que nous ne montrions un engagement fort à stabiliser nos budgets à long-terme, nous n'aurons ni la stabiliser financière, ni une croissance économique saine", a averti le 3 juin Ben Bernanke.

De son côté, Jean-Claude Trichet a relevé le lendemain qu'un "effort d'ajustement ambitieux et crédible sera nécessaire pour revenir dès que possible à des finances publiques saines". Par ces remarques, les deux présidents ont surtout pointé du doigt la remontée des taux longs. Un signe que les investisseurs, sur les marchés financiers, anticipent de plus en plus un rebond inflationniste à moyen-terme en raison de cette politique budgétaire très laxiste.

Une nette remontée des prix à moyen-terme pourrait réduire sensiblement les velléités d'achat des consommateurs, en grevant leur budget. La hausse des rendements sur les marchés obligataires, elle, a un effet direct.

Aux Etats-Unis, par exemple, elle renchérit instantanément le coût du refinancement d'un crédit à la consommation ou d'un emprunt immobilier. Avec à la clef moins de consommation et de transactions immobilières, alors que toute reprise économique durable aux Etats-Unis commencera par le redémarrage des dépenses des ménages et la stabilisation du marché immobilier.

L'enjeu est donc de taille, et les investisseurs attendent des réponses. "Ce que le marché veut savoir, c'est comment va-t-on procéder pour contrebalancer les mesures de stimulation économique", a expliqué à Bloomberg Mohamed El-Erian, directeur général de Pacific Investment. Le marché "veut un plan crédible", ajoute-t-il. "Nous n'avons pas besoin de politiques d'austérité dès maintenant, mais les gouvernements doivent montrer la voie", a de son côté déclaré Simon Johnson, un ancien chef économiste du FMI.

Le G8, qui ne pourra compter sur la présence secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, aura fort à faire, tant les sommes en jeu et l'ampleur du ralentissement économique sont exceptionnels. Un communiqué sera publié à 15h00 et sera suivi d'une conférence de presse, tenue par le ministre italien des finances Giulio Tremonti.