L'écurie japonaise Super Aguri avait ouvert la voie au printemps en se retirant de la F1. Honda vient de suivre sa trace en annonçant qu'il quitte définitivement le monde de la formule 1. En cause: les coûts astronomiques qu'entraîne la pratique de ce sport. Aucune écurie ne veut avancer de chiffre, mais tous les observateurs sont unanimes: en entretenir une coûte très cher. Des montants circulent tout de même sous le manteau: 10 millions d'euros par an pour la voiture de course, et plus de 100 millions d'euros pour le fonctionnement général de l'écurie. Interrogée par E24, la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) juge ces chiffres crédibles. Selon lexpansion.com, Toyota a brûlé en 2008 445 millions de dollars, McLaren 433 millions, Ferrarri 415 millions, et le duo Honda et Renault 400 millions chacun. Total des écuries en lice: 3 milliards de dollars.
Evidemment, en pleine crise financière et avec une économie globale au bord de la récession, ces sommes peuvent sembler choquantes. "Avec les difficultés que connaissent les constructeurs automobiles aujourd'hui, les suppressions de postes et le chômage technique à répétition, il y a un côté malsain à mettre autant d'argent dans de l'image", avoue la FFSA. Car la Formule 1 c'est avant tout une histoire d'image. "2,5 milliards de téléspectateurs suivent les Grands Prix, cela nous permet d'avoir une forte exposition sur les marchés où nous sommes peu présents, comme la Russie, l'Inde ou encore la Corée", confirme Renault.
Réduction des coûts
Toutefois, la marque au losange rappelle que l'heure est aussi à la réduction des coûts dans les écuries. Après le Grand Prix de Chine, mi-2009, la Fédération internationale de l'automobile rencontrera les dirigeants des grandes écuries pour discuter "des réductions urgentes et drastiques de coûts". La décision, prise en 2006, d'imposer un seul constructeur de pneumatique F1 pour tous allait dans ce sens. Aujourd'hui, les négociations portent sur l'adoption d'un même moteur pour tous les constructeurs afin de mutualiser les frais de recherche et développement.
Pour les pneus, l'idée n'avait pas tenté Michelin qui avait préféré se retirer de l'appel d'offre, laissant le champ libre à Bridgestone. "Ce n'était plus intéressant pour nous. Nous aurions forcément gagné, quel que soit le pneu proposé", explique Michelin aujourd'hui. Sans concurrence, la course est moins excitante, surtout que la F1 est un véritable laboratoire de recherche. "Les innovations développées sur les voitures de course sont par la suite transposées aux voitures grand public", affirme Renault qui prend pour exemple les essais sur l'aérodynamisme ou la soufflerie. Mais qu'en est-il justement des moteurs? En ce moment, le leitmotiv des constructeurs automobiles, qu'ils soient japonais ou européens, c'est l'écologie avec moteurs hybrides ou électriques… Des préoccupations bien loin des voitures de course.
Le "no" de Ferrari
Avec les mêmes pneus et les mêmes moteurs, les pilotes pourraient aussi bien avoir les mêmes voitures… Ferrari ne veut même pas imaginer que la Fédération internationale de l'automobile adopte la mesure d'un même moteur pour tous. Si une telle décision était prise, la marque au cheval cabré menace de se retirer lui aussi des courses de F1. Une grille de départ sans Ferrari? Impossible ou, en tout cas, inimaginable pour l'ensemble des acteurs. Il faut dire que Ferrari peut s'opposer à l'idée d'une mutualisation de la recherche, car elle ne souffre pas autant que ses concurrents de la conjoncture. "Pour Ferrari, l'argent n'est pas un problème, ses carnets de commandes sont remplis", note un spécialiste. Une situation que peut lui envier Renault, qui souffre sur un marché européen plus que tendu, sur lequel ses voitures low cost assurent l'essentiel de la croissance de l'ensemble du groupe.
Pourtant l'écurie française n'a pas l'intention de sortir de la Formule 1. Elle jure qu'elle "sera présente en 2009". Et en 2010? Certains observateurs commencent déjà à en douter, comme de la présence de Toyota dans les prochains Grands Prix. Et finalement, c'est peut-être Ferrari qui risque de se retrouver seule sur la ligne de départ.






















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