Les restaurateurs français croisent les doigts: une de leur demande les plus pressantes pourrait bientôt aboutir. Mardi 3 mars, l'Allemagne s'est dite "prête à oeuvrer en faveur d'un compromis" sur l'élargissement des taux réduits de TVA aux secteurs à forte intensité de main d'oeuvre et à la restauration. Tout en rappelant que Berlin est "très réservé sur la révision des taux de TVA réduits" dans l'Union européenne, Peer Steinbrück a estimé que l'Allemagne était prête à ce que ces taux réduits concernent les "secteurs à forte intensité de main d'oeuvre" ainsi que "la restauration".

"C'est un très grand pas pour nous", a relevé le ministre allemand, disant s'attendre à ce qu'une telle décision suscite des "pressions politiques en interne" en Allemagne. "J'espère que nous parviendrons à faire une percée" lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, prévue mardi prochain, a ajouté Peer Steinbrück, qui s'exprimait à Paris à l'issue d'une rencontre avec son homologue française Christine Lagarde.

Le Synhorcat, le syndicat des hôteliers, cafetiers, restaurateurs et traiteurs, s'est "réjoui" de cette annonce, alors que la France demande depuis des années de pouvoir appliquer les taux réduits de TVA (5,5%) à la restauration, une promesse de l'ancien président Jacques Chirac reprise à son compte par son successeur Nicolas Sarkozy mais qui s'était jusqu'à présent toujours heurtée à l'opposition de l'Allemagne. "Le Synhorcat se réjouit de cette victoire", écrit-il dans un communiqué, ajoutant que cela rend encore plus nécessaire la convacation d'Etats généraux de l'hôtellerie restauration, demandée lundi 2 mars au président de la République et au gouvernement.

"Il nous faut maintenant nous assurer que ce taux de TVA réduit est bien celui de 5,5% comme annoncé par nos collègues allemands", selon Didier Chenêt, le président du Synhorcat, deuxième syndicat du secteur en France, cité dans le communiqué. Selon Didier Chenêt, ces Etats généraux pourraient être l'occasion de définir les conditions d'application des taux et les contreparties demandées aux professionnels en termes d'investissement, d'amélioration des conditions d'emploi et de prix. Cette proposition allemande "atteste de l'excellence des relations entre la France et l'Allemagne et de la capacité de faire des pas l'un vers l'autre", a commenté Christine Lagarde.