La crise profite au sandwich. Les français deviennent de plus en plus accrocs à la pause déjeuner prise sur le pouce, par manque de temps ou pour des questions budgétaires. Un sandwich coûte 3,39 euros en moyenne, un prix alléchant en période de crise. D'ailleurs, en 2008, la croissance du sandwich a bondi de 11%, contre un taux situé entre 5 à 8% par an en volume entre 2003 et 2007, selon Gira Conseil. Cette tendance ne devrait pas se démentir, pour Xerfi, 1,4 milliard de sandwichs devraient être commercialisés en 2009 en France.

Auparavant vendus dans les troquets du coin, les sandwichs se trouvent aujourd'hui à chaque coin de rue, dans les boulangeries, les chaînes spécialisées et ils se sont même invités dans les supermarchés au rayon frais. La concurrence devient âpre, car le marché est juteux: 6,1 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2008.

Du coup, pour s'imposer, l'heure est à l'expansion: la Brioche Dorée, la Mie Câline ou encore Pomme de Pain veulent poursuivre leur maillage territorial. Mais les chaînes de boulangeries ne comptent pas se faire ravir la primeur. Et la seule expansion ne suffit pas, il faut de la diversité. Même si le sandwich charcuterie et/ou fromage reste le préféré des Français (2 sandwichs sur 3), le sandwich au foie gras, ou encore la baguette vietnamienne, sans compter les salades, ou encore les tartes salées foisonnent. L'objectif: attirer le consommateur et le garder, comme le démontre le concept de la "Mie Câline à table" où le client peut s'asseoir, surfer sur le net, profiter de la terrasse du lounge ou filer une fois le repas acheté.

La grande distribution n'est pas en reste et s'engouffre dans la brèche des magasins dédiés au nomadisme alimentaire. Monoprix a été le précurseur avec le lancement des Daily Monop' en centre-ville. Carrefour s'installe sur le créneau, avec l'ouverture en janvier 2009 de Carrefour City, Casino suit avec le développement de Chez Jean, en partenariat avec l'enseigne de distribution de presse dans les gares, stations de métro et aéroports Relay (groupe Lagardère). Le premier parisien a ouvert dans le quartier de République.

La bataille ne se fait pas seulement entre sandwichs. Les hamburgers veulent aussi s'imposer à midi. Un pari qui n'est pas encore gagné, puisque pour un hamburger consommé, huit sandwichs le sont dans le même temps. Un outsider grignote lui aussi des parts de marché: le kebab. 245 millions ont été avalés en France en 2008 ce qui représente un chiffre d'affaires total de 1,1 milliard d'euros. Rien d'étonnant dans ce contexte à ce que le salon European sandwichs and Snack Show, qui se tient les 4 et 5 mars, compte attirer encore plus de visiteurs cette année que l'an dernier, soit plus de 7.500 amateurs du sandwich.