Les Salins du Midi et Salines de l'Est (CSME), groupe spécialisé dans la production de sel, s'apprête à présenter un plan de restructuration qui pourrait se traduire par la suppression de plus d'une centaine de postes en France.

Ce plan doit être exposé mardi 19 mai, à l'occasion d'un Comité central d'entreprise (CCE) prévu à Paris, au siège des Salins du Midi, une entreprise fondée au XIXe siècle et qui produit tout type de sels, à des fins alimentaires mais aussi industrielles, ainsi que du sel de déneigement routier.

Contactée par l'AFP, la direction n'a pas souhaité communiquer avant le CCE. Mais début mai, dans un document publié sur son site internet à l'issue d'un précédent CCE, la société, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros en 2008, avait souligné qu'"en l'état actuel du projet, les effectifs pourraient être progressivement réduits de l'ordre de 128 postes" -sur 750 en France- pour l'ensemble des sites.

Le secrétaire du CCE, François Gout-Lombard (CGT), chiffre de son côté à 161 le nombre de postes supprimés, dont une cinquantaine à Aigues-Mortes (Gard) et une quarantaine à Varangéville (Meurthe-et-Moselle) notamment. Le site de Nantes (Loire-Atlantique) et le siège social seraient aussi touchés par des suppressions de postes.

L'entreprise, qui exploite des sites en Espagne et en Tunisie, a justifié début mai ce nouveau plan par la nécessité de rétablir sa compétitivité face "à la très forte pression de ses concurrents et des importations". La société affirme que sa rentabilité n'a cessé de se dégrader dans un marché "difficile" surtout dans ses applications industrielles et qu'elle est confrontée à une baisse de la consommation de sel dans l'alimentation et la chimie. Elle a fait valoir début mai qu'elle s'engageait à "identifier, pour chacun des salariés concernés, une solution de reclassement professionnel". Mais M. Gout-Lombard craint que ce nouveau plan se traduise par des licenciements secs.

Il redoute aussi que la compagnie soit obligée, pour financer un plan d'investissement de l'ordre de 70 millions d'euros sur cinq ans annoncé par le PDG Pierre Lévi, de céder, notamment à Aigues-Mortes, des terrains et des étangs, indispensables pour la culture du sel.