C'est l'un des médicaments les plus vendus en France. Avec un chiffre d'affaires de 530 millions d'euros, Plavix attise les convoitises, notamment celle des fabricants de médicaments génériques, emmenés par le groupe israélien Teva Pharmaceuticals.

Sa filiale française, Teva Santé, a annoncé mardi avoir déposé deux saisines auprès de l'Autorité de la concurrence, accusant Sanofi-Aventis de pratiques de concurrence déloyales. Teva Santé a déposé une plainte au fond, assortie d'une demande de mesures conservatoires, qui est une procédure d'urgence, en attendant une décision sur le fond du dossier. La filiale française du groupe israélien estime disposer d'arguments solides pour défendre son cas.

"Tout le monde est d'accord pour développer le marché des génériques", a déclaré le Docteur Maurice Chagnaud, Président de Teva Santé, au cours d'une conférence de presse jeudi. "Pourtant, le générique n'aura pas une croissance à la hauteur des espérances".

Le dirigeant a dénoncé la résurgence d'un "certain nombre de pratiques visant à empêcher le développement du générique de manière harmonieuse et efficace", sans toutefois donner plus de détails sur les "pratiques" qui font l'objet de ses accusations. Maurice Chagnaud a également affirmé qu'il "ne cherche pas à faire condamner Sanofi-Aventis", mais à "empêcher que des pratiques déloyales se répètent".

En France, Teva a prévu de réaliser un chiffre d'affaires de 240 millions d'euros cette année, dont 30% dans le respiratoire et 26% dans la sclérose en plaque. Face aux 530 millions d'euros de ventes liées au Plavix, on comprend l'intérêt financier du groupe israélien de prendre des parts de marché, grâce à son produit, le clopidogrel HCS.

Le marché des génériques du clopidogrel (Plavix) est dominé par Winthrop, filiale de Sanofi-Aventis, avec une part de marché de 56%, devant Mylan (13%), Biogaran (12%), Arrow (7%), selon les chiffres d'IMS Health.

Pour Teva, faire cesser les pratiques de concurrence déloyales ne serait pas qu'un motif de gros sous, mais répond aussi à un objectif de santé publique. Selon le projet de loi de la sécurité sociale 2009, l'Etat compte réaliser 200 millions d'euros d'économie sur le Plavix.