Les 3 Suisses, numéro 2 français de la vente à distance, va supprimer 674 postes, "sans licenciement" dans le cadre d'une réorganisation liée au développement de la vente en ligne, a annoncé mercredi 11 février la CFE-CGC, après un comité d'entreprise extraordinaire à Croix (Nord).

En décembre dernier, Le Figaro avait annoncé que le grouppe allait annoncer des suppressions de postes. La direction avait alors démenti, arguant qu'aucune décision n'avait été prise.

Parmi les 674 postes concernés sur les quelque 3.000 que compte l'entreprise en France, 354 sont liés à la fermeture des cinq centres d'appel de Lyon, Marseille, Nancy, Nantes et Rouen. Les autres postes supprimés touchent le courrier (112), la logistique (104) et le siège (104), selon le syndicat. "La direction s'engage à ne pas faire de licenciements secs, ce qui est très important pour nous", indique la CFE-CGC.

"La réorganisation nécessaire de l'entreprise va se traduire par une proposition d'emploi pour chaque salarié touché et une possibilité de formation pour tous les salariés partants et restants", ajoute le syndicat. Mais selon la CGT et la CFDT, les salariés des centres d'appel en province devront accepter, pour conserver leur emploi, d'être mutés dans le Nord, où un centre multimédia va être créé avec 145 embauches à la clé. "Au niveau des cinq plateaux téléphoniques fermés, il y a un véritable sentiment d'écoeurement, de malaise, de révolte également parce que ce sont des personnes qui ont une certaine culture d'entreprise, pour qui 3 Suisses est une véritable famille", selon Naema Sersou. "Certains pleurent. Ils ne s'y attendaient pas. Les gens de Lyon n'ont pas envie de venir ici, dans le Nord", a-t-elle ajouté à l'AFP.

Fin 2008, un autre spécialiste de la vente à distance, La Redoute (groupe PPR), a annoncé la suppression de 672 emplois d'ici à 4 ans, alors que la Camif a fait l'objet d'une liquidation judiciaire.