Comment la Chine pourra-t-elle continuer à se développer sans étouffer sous les émissions de CO2? En misant sur l'énergie éolienne, selon des experts américains et chinois dont le rapport paraît jeudi dans la revue de référence Science.

S'appuyant sur un grand nombre de données météorologiques et les réglementations en vigueur en Chine sur la distribution d'électricité d'origine éolienne, ces chercheurs ont conclu que l'énergie du vent pourrait répondre à la demande électrique chinoise attendue en 2030. Passer des centrales électriques au charbon aux éoliennes diminuerait notablement le CO2, principal gaz à effet de serre, émis dans l'atmosphère, estiment-ils.

La Chine est devenue le second producteur d'énergie éolienne derrière les Etats-Unis avec une capacité de 792,5 gigawatts par an et cette puissance devrait augmenter de 10% par an, note-t-il.

Quelles alternatives?

En outre ce pays est le plus grand émetteur de CO2, donné comme le principal responsable du réchauffement climatique qui menace la planète. Du coup, selon le principal auteur de l'étude, Michael McElroy, professeur de science environnementale à l'Université de Harvard, "la vrai question pour le monde est de savoir quelles sont les alternatives offertes à la Chine ?".

Le développement des énergies renouvelables, surtout éoliennes, a bénéficié d'un important encouragement en Chine. Pékin a adopté une loi en 2005 qui offre un régime fiscal favorable aux investissements dans ce secteur énergétique. De plus, le gouvernement chinois a mis en place un système d'adjudications qui garantit une rentabilité raisonnable pour les grands projets de production d'énergie éolienne.

900 milliards

Dans leur rapport, les experts imaginent un réseau d'éoliennes qui occuperait 0,5 million de kilomètres carré, soit la superficie de la France (la Chine fait plus de 17 fois la superficie de la France). Cette politique nécessiterait par ailleurs un investissement de quelque 900 milliards de dollars sur les 20 prochaines années, un montant jugé raisonnable au regard du poids de l'économie chinoise.

Ce réseau de turbines éoliennes tournant à seulement 20% de ses capacités pourrait produire jusqu'à 24,7 petawatts/heure ce qui correspond, selon les experts, aux besoins de la Chine en 2030. L'impact environnemental de ces turbines devrait aussi être faible, permettant aux zones où elles se trouveraient de poursuivre l'exploitation agricole, selon ces experts.

En comparaison, si la Chine continuait à dépendre du charbon pour répondre à la demande électrique des vingt prochaines années, le pays devrait construire des centrales capables de produire 800 gigawatts d'électricité par an. Cela entrainerait un accroissement potentiel de 3,5 gigatonnes d'émissions de CO2 annuellement. La Chine s'est en revanche lancée dans la construction de centrales nucléaires.