Les groupes italien Eni et russe Gazprom, promoteurs du projet de gazoduc South Stream, ont signé jeudi l'accord autorisant l'entrée d'EDF dans ce projet mais les conditions, notamment de sa participation, sont encore à définir, a annoncé Eni.
"Le président de Gazprom Alexeï Miller et le directeur général d'Eni Paolo Scaroni ont signé aujourd'hui (...) l'accord autorisant l'entrée du français EDF dans le projet South Stream", a indiqué Eni. Cet accord a été signé en présence du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et du président russe Dmitri Medvedev, en visite à Rome.
Conditions à définir
Les conditions sur l'entrée d'EDF dans le projet "seront définies dans les prochains mois", a précisé Eni dans son communiqué. Vendredi dernier, le Premier ministre russe Vladimir Poutine, en visite en France, avait annoncé la conclusion d'un accord entre EDF et Gazprom pour l'entrée du groupe énergétique public français dans South Stream.
Et M. Miller avait indiqué de son côté qu'EDF devait recevoir une participation de 10% dans le projet, dont Gazprom et Eni sont actuellement actionnaires à hauteur de 50% chacun.
Cité par les agences russes, M. Miller a précisé jeudi que "dans le mémorandum signé par EDF et Gazprom, il est indiqué que sera étudiée la question de l'entrée d'EDF à hauteur de 10% et peut-être même plus".
"Pas un jeu de pouvoir"
Le niveau de cette participation n'est donc pas encore gravé dans le marbre. "Nous voyons favorablement l'entrée d'un partenaire aussi important dans ce projet" mais "nous devons négocier les conditions", a déclaré Paolo Scaroni, cité par les agences italiennes, après la signature de cet accord.
M. Scaroni a indiqué qu'Eni était "ouvert" sur le niveau de la future participation d'EDF, précisant qu'il n'était pas encore défini si Eni et Gazprom céderaient une part égale au français. "Ce n'est pas un jeu de pouvoir, c'est commercial, nous verrons durant la négociation quelle sera la conclusion idéale pour tous", a-t-il souligné.
Considéré comme concurrent du projet Nabucco cher à l'Union européenne, le gazoduc South Stream doit acheminer du gaz de Russie vers l'Europe via la mer Noire, en contournant l'Ukraine. Officiellement, son démarrage est prévu en 2013.
M. Berlusconi a rejeté toute concurrence avec Nabucco. "Il n'y a aucune concurrence avec d'autres projets comme Nabucco", a-t-il insisté, soulignant que South Stream servira à "garantir la continuité de la fourniture (de gaz) pour tous les citoyens européens".
















