Difficile de parler de rentabilité à propos des énergies renouvelables. Elles sont toutes subventionnées via des tarifs garantis à long terme par l'Etat et parfois par des crédits d'impôt. Et pour cause: ces technologies ne sont pas encore "matures", elles n'ont pas atteint un niveau de développement suffisant pour affronter la logique du marché. "Les tarifs garantis sont là pour assurer le développement de ces énergies en attendant qu'elles deviennent viables économiquement", explique Gaëtan Fovez, de l'Observatoire des énergies renouvelables.
Si les énergies renouvelables ne sont en général pas rentables, certaines sont tout de même plus productives que d'autres. Pour savoir lesquelles, il suffit de se pencher sur, justement, les prix garantis. Ces tarifs ont été -âprement- négociés entre l'Etat et les acteurs de la filière, afin d'assurer une marge suffisante à l'investisseur qui choisit dans les énergies renouvelables. Du coup, plus le prix au kilowatt/heure fixé est élevé, moins la source d'énergie est efficace au jour d'aujourd'hui. Et à ce jeu de la comparaison, l'éolien (8,2 centimes/KwH) se révèle plus productif que le solaire photovoltaïque (30 centimes/KwH).
Tableau des tarifs garantis des énergies renouvelables. (Source Ademe)

Mais attention: ce n'est pas parce qu'une énergie est plus productive qu'elle est la plus intéressante en termes d'investissements. Par volonté politique, tous les tarifs garantis ne permettent pas à l'investisseur, qu'il soit un particulier s'équipant pour sa maison ou une société énergétique, de réaliser des marges équivalentes. "Certains tarifs sont plus avantageux que d'autres" comme par exemple celui du photovoltaïque intégré à une habitation, souligne Gaëtan Fovez.
Autre subtilité à prendre en compte pour mesurer l'intérêt d'une énergie renouvelable: les pics de productions. Le photovoltaïque, par exemple, produit à pleine puissance lors des canicules. Des périodes où le prix de marché de l'électricité monte en flèche sous un double effet: la consommation augmente fortement à cause de l'utilisation des climatiseurs et les centrales nucléaires tournent au ralenti pour des raisons techniques. "L'énergie photovoltaïque devient alors cruciale et atteint un niveau de quasi-rentabilité", observe Gaëtan Fovez.
Reste que la productivité des énergies renouvelables évolue très rapidement. "On observe une réduction continue et significative des coûts sur les 20 dernières années", écrit la Commission européenne. "Par exemple, le coût de l'énergie éolienne par kilowatt/heure a chuté de 50% sur ses 15 dernières années (…). Les panneaux solaires photovoltaïques ont vu de leur côté leur prix chuter de 60% par rapport à 1990". Des évolutions que l'Etat prend en compte en révisant régulièrement les tarifs garantis à la baisse. L'objectif étant, à terme, leur disparition.

















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