Les syndicats d'Accor ont été assurés mercredi par le PDG Gilles Pélisson lors d'un comité de groupe d'être consultés en cas de scission de ses deux métiers, l'hôtellerie et les services, mais n'ont pas été convaincus de l'intérêt d'une telle séparation.
Les cinq organisations syndicales (FO, CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC) "ne sont pas convaincues de la pertinence et de la pérennité de ce nouveau modèle économique", écrivent-elles dans un communiqué publié à l'issue du comité de groupe (Comité d'entreprise incluant les filiales).
"On a parlé assez longuement. La discussion était sereine, a expliqué à l'AFP Iliane Dumas de FO. "M. Pélisson a essayé de nous vendre son projet avec l'hôtellerie d'un côté et les services de l'autre, mais nous on reste sur nos positions".
Le Comité de groupe a mandaté Mme Dumas, représentante du personnel, pour exprimer son désaccord face à ce projet lors du Conseil d'administration décisif du 15 décembre. Ce conseil décidera de soumettre ou non le projet de scission aux actionnaires.
Les syndicats restent inquiets pour l'emploi, d'autant, estiment-ils mercredi, qu'en cas de scission, il y aura une montée en puissance de la franchise dans l'hôtellerie.
"Pour les salariés, être employé d'un franchisé ou employé d'Accor, ce n'est pas la même chose", explique-t-elle. La mise en franchise d'un hôtel "remet en cause les avantages des salariés, comme le 13è mois, la participation, la mutuelle", ajoute Didier Chastrusse, représentant de la CFE-CGC.
"L'Hôtellerie peut-elle vivre sans les Services ?", interroge Michel Légalité (CGT), rappelant que la branche Service est plus profitable. En 2008, elle a généré 13% du chiffre d'affaires mais 40% du résultats.
Selon lui, les "choses sont quasi faites", puisque le PDG a même avancé un calendrier. Si le principe de la scission est adopté, elle pourrait être effective "entre juin 2010 et octobre/novembre".
Fin août, le PDG avait annoncé le lancement d'une étude sur la pertinence d’une séparation des métiers en deux entités autonomes "ayant leur stratégie propre et les moyens de leur développement".
Ce projet ne fait pas l'unanimité parmi les actionnaires d'Accor.
Le fonds Colony Capital et la société d'investissement Eurazeo, qui détiennent ensemble près de 30% du capital d'Accor et quatre sièges d'administrateurs sur douze, soutiennent ce projet.
Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) qui a hérité de la participation de la Caisse des dépôts (8,5% du capital) s'y oppose et étudie "des solutions alternatives".
Les administrateurs indépendants n'ont pas fait publiquement connaître leur position.
Au cours de ce même comité de groupe, M. Pélisson a assuré aux syndicats que la Compagnie des Wagons-Lits, filiale à 100% du groupe hôtelier, n'était "pas à vendre", contrairement à des informations de presse parues mi-novembre.






















