Un comité d'entreprise, la Caisse centrale d'activités sociales des industries électriques et gazières (CCAS), va débourser 59 millions d'euros pour prendre le contrôle de la Compagnie internationale André Trigano (CIAT), une société cotée en Bourse.

Acto, actionnaire majoritaire de la CIAT (numéro un de l'hôtellerie de plein air), a annoncé dans un communiqué céder à la CCAS "l’intégralité de la participation majoritaire, directe et indirecte, qu’elle détient dans la CIAT".

L'opération, conclue dimanche, "porte sur un montant total de 59 millions d’euros, valorisant l’action de la CIAT à un prix unitaire de 48 euros", a précisé Acto. L'action, dont la cotation est suspendu, affiche un dernier cours coté de 61,45 euros.

Le rachat d'une société cotée en bourse par l'équivalent d'un comité d'entreprise (CE) est une première. Le conseil d'administration de la CCAS, qui couvre EDF et GDF-Suez et est considérée comme le plus riche CE de France, avait approuvé le 2 décembre le projet de rachat, malgré des oppositions au sein de la CGT, qui gère la Caisse.

Fournisseur de longue date de la CCAS, la CIAT gère 44 campings et villages de bungalows, soit environ 14.000 emplacements et 72.000 lits.

Acto Capital, fond d’investissement de Groupama Private Equity, détient le contrôle de la CIAT à la fois par l'intermédiaire de la holding A.G.C., qui détient 37,68% du capital de la CIAT et une participation directe de 27,50% du capital de la CIAT.

Les autres principaux actionnaires sont André Trigano et sa famille (16,98%) et Promeo, société sétoise d'immobilier et d'hôtellerie de plein air (entre 10 et 11%).

Ce projet de rachat a provoqué des remous internes à la CGT de la CCAS, et les élus CGT de son comité central d'entreprise avaient voté contre son principe, estimant notamment que ce rachat n'était pas nécessaire.

La fédération CGT Mines-Energie avait expliqué que ce rachat s'inscrivait dans une volonté de développer l'offre d'hébergement du tourisme social. "Nous allons faire basculer le premier opérateur français coté en bourse du tourisme de plein air, dans le giron du tourisme social et solidaire", a dit Maurice Marion, porte-parole de la fédération.

Chaque année, la CCAS, qui gère déjà 48.000 lits, est obligée, face aux demandes croissantes des électriciens et gaziers, d'acheter des lits auprès d'autres opérateurs, dont certains issus du tourisme marchand, "pour un volume toujours plus important", avait-il souligné.

Selon lui, 10% des demandes sur les séjours d'été et 25% sur les séjours d'hiver n'étaient chaque année pas satisfaites par manque de places, soit 5.000 à 6.000 demandes.

La CCAS, qui a déjà près de 678.000 bénéficiaires, entend faire profiter d'autres comités d'entreprises de son nouveau parc, et ouvrir le capital de la CIAT à des partenaires de l'économie sociale. "L'achat de la CIAT n'aura aucune incidence sur l'emploi à la CCAS", avait affirmé la CGT Mines-Energie dans un communiqué interne.

En 2007-2008, CIAT a réalisé un chiffre d'affaires de 43,7 millions d'euros et a enregistré un bénéfice d'exploitation de 1 million d'euros. La société, dont les comptes sont clos au 30 septembre, publiera ses résultats pour l'exercice 2008-2009 le 31 janvier prochain.