Le gouvernement américain presse le dossier GM. Le constructeur automobile américain, General Motors qui a déposé son bilan le 1er juin, est en train de négocier par le tribunal des faillites de New York la restructuration des ses actifs et de ses dettes.

GM veut faire valider une motion permettant la cession de ses actifs sains à un "nouveau" GM. Celui-ci sera détenu à 60,8% par l'Etat américain, à 11,7% par l'Etat canadien et à 17,5% par le syndicat automobile américain UAW. Les créanciers détiendront 10% en échange de l'annulation de 27 milliards de dollars de dette. "La direction de GM rappelle une nouvelle fois aux investisseurs qu'elle croit fermement que le processus de liquidation judiciaire ne laissera rien aux actionnaires ordinaires, même dans les scénarios les plus optimistes", a souligné le groupe de Détroit (nord des Etats-Unis) dans un communiqué. L'action de GM reste négociée sur le marché hors cote et valait encore mercredi soir 0,91 dollar. Un tel prix correspond à une valorisation boursière supérieure à 500 millions de dollars pour l'ensemble du groupe.

Mais la procédure est ralentie par un feu roulant d'objection de parties prenantes qui s'estiment lésées par ce plan. Le gouvernement américain a pesé de tout son poids, mercredi 1er juillet, sur le tribunal des faillites de New York pour empêcher un enlisement du dossier General Motor, en soulignant que son soutien n'irait plus de soi si la procédure n'était pas bouclée d'ici le 10 juillet. "Nous ne pouvons pas nous engager de manière illimitée dans le temps", a souligné Henry Wilson, l'une des membres du groupe de travail de la Maison Blanche sur l'automobile lors de son audition.

Aller vite

Le juge en charge du dossier, Robert Gerber, a manifesté son souhait d'aller vite, survolant rapidement nombre des 850 motions déposées contre le plan de restructuration. Mais au deuxième jour des auditions, nombre d'avocats des plaignants n'avaient toujours pas pu être entendus.

Harvey Miller, un des avocats de GM, a fait valoir devant la cour qu'en cas de liquidation, les opposants se retrouveraient sans rien. Et les conséquences sociales pourraient être dévastatrices: "nous ne parlons pas de 20.000 suppressions d'emplois, nous parlons de 90.000 employés aux Etats-Unis, 200.000 dans le monde"... sans parler des milliers de salariés chez les équipementiers.

Le petit concurrent de GM, Chrysler, a réussi à faire approuver son plan de restructuration dans le délai record de 40 jours début juin, malgré l'opposition tenace de créanciers minoritaires qui sont allés en vain jusqu'à la Cour suprême américaine. Reste que la complexité du dossier GM pourrait ralentir le processus, sans compter les possibles appels d'un feu vert à la motion.

Depuis le dépôt de bilan de GM, la position du groupe s'est encore aggravée. Ses ventes aux Etats-Unis ont chuté en juin de 33,6% sur un an.