Le député UMP Gilles Carrez, chargé de trouver les financements des transports du Grand Paris, a affirmé mercredi qu'il lui fallait encore trouver "7 à 10 milliards d'euros" pour financer une partie des 35 milliards d'investissements prévus pour financer les nouveaux moyens de transport du Grand Paris de Nicolas Sarkozy. Une collecte qui sera réalisée en deux phases.

Le rapporteur général du budget, qui venait de participer à une réunion du syndicat d'élus Paris Métropole, entend s'appuyer sur le plan de mobilisation du président du conseil régional d'Ile-de-France (PS) Jean-Paul Huchon, "un noyau dur de 18 à 19 milliards d'euros, qui fait l'objet d'un accord unanime à l'horizon 2020". Au delà, il y a selon lui dans le plan de mobilisation "de grandes convergences" avec le projet de métro automatique du secrétaire d'Etat Christian Blanc, concernant notamment la ligne 14 de métro et le projet de rocade ferroviaire Arc Express.

Axe Nord-Sud

"Il faut accélérer ces convergences en allant sur 2025 avec un axe Nord-Sud plus ambitieux, allant du Bourget, voire Roissy, à Orly", a dit Gilles Carrez. "Après, dans une deuxième phase, au delà de 2025, il y a des dessertes très importantes qui sont l'avenir de l'Ile-de-France, comme le plateau de Saclay et les pôles de compétitivité et là je suis complètement en accord avec le schéma de Christian Blanc", a ajouté le député. "Notre devoir est d'abord d'aller au devant des urgences de ceux qui prennent les transports en commun mais aussi de réfléchir dès maintenant à l'Ile de France de dans 20 ans", a-t-il estimé.

Pour les besoins d'investissement de la première phase, M. Carrez souligné qu'il y avait eu déjà "un travail extrêmement approfondi depuis un an et demi entre les services de la région et ceux de l'Etat".

Parmi les pistes de financement figurent le fonds d'aménagement de la région Ile-de-France (FARIF), dont une partie revient aujourd'hui à l'Etat, des contributions foncières, comme celle de l'EPAD à la Défense, qui bénéficierait du prolongement d'Eole (RER E), des taxes sur le stationnement des véhicules et "peut-être" la taxe poids lourds votée dans le cadre de la loi Grenelle.

800 millions d'euros par an

Pour les nouvelles charges d'exploitation, chiffrées à 800 millions d'euros par an pour Arc Express et le prolongement de la ligne 14, "entre la totalité du versement transport (versé par les entreprises), la recette tarifaire et les dotations publiques, on doit pouvoir faire face aux besoins", a-t-il dit.

Selon lui, "l'exploitation doit être globale et gérée par une autorité unique le STIF (syndicat des transports d'Ile-de-France)". M. Huchon, qui préside le STIF, a affirmé "adhérer entièrement à ce que dit Gilles Carrez".

Il a souligné que s'il y a des améliorations de l'offre de transport, "il ne sera pas anormal de demander une contribution égale aux entreprises, aux usagers et aux collectivités publiques". M. Huchon juge "raisonnable" de fixer les augmentations tarifaires "peut-être un point au dessus de l'inflation".