L'Allemagne veut sauver les emplois Opel et laisse tomber ses partenaires européens, accuse en substance la Belgique. Le ministre belge des Affaires étrangères Yves Leterme a protesté dimanche soir auprès de l'Allemagne pour n'avoir pas invité son pays à une réunion mardi prochain sur le dossier Opel. La rencontre portera sur les garanties publiques que les Etats concernés doivent apporter à la reprise d'Opel par l'équipementier canadien Magna.

D'après la presse allemande, le repreneur prévoit de supprimer 4.500 emplois en Allemagne et 10.500 au total en Europe. La Belgique abrite à Anvers (nord) une usine Opel menacée de fermeture totale, avec à la clef la perte de 2.600 emplois, sans compter les sous-traitants.

"J'ai protesté auprès de mon collègue allemand et demandé le strict respect des règles européennes", a déclaré à l'agence Belga Yves Leterme à l'issue d'un entretien avec le secrétaire d'Etat allemand à l'Economie et la Technologie, Bernd Pfaffenbach.

Concertation européenne

Du coup, la Belgique s'est concertée avec l'Espagne et la Hongrie, deux autres pays menacés par des licenciements massifs de la part d'Opel, sur les moyens de contrer Berlin par une approche au niveau européen. "Que l'on nous procure les informations nécessaires", a réclamé Yves Leterme.

Le ministre des Affaires étrangères, en marge d'un dîner informel à Bruxelles des ministres du Commerce des 27 pays de l'UE, a par ailleurs tenu une réunion trilatérale avec l'Espagnol et le Hongrois présents pour leur demander un échange d'informations sur le dossier Opel.

Aides publiques

"Ils sont d'accord pour suivre le dossier de près", a dit le chef de la diplomatie belge après la rencontre. L'Espagne et la Hongrie abritent elles aussi chacune une usine Opel, que le groupe américain General Motors s'apprête à revendre à Magna, moyennant des aides publiques.

A l'instar de la Belgique, l'Espagne et la Hongrie craignent que la restructuration d'Opel ne se solde par des licenciements importants respectivement à Figueruelas, près de Saragosse (nord de l'Espagne) et dans une usine de fonderie de culasses à Szentgotthard.

Règles de la concurrence

En revanche, l'Allemagne, du fait de promesses d'aide massive, se flatte de conserver ses quatre usines Opel, firme historiquement allemande et dont le siège social est toujours sur son territoire. Bruxelles a déclaré qu'il surveillait de près les aides allemandes.

Yves Leterme s'est dit partisan d'"une approche européenne commune du dossier Opel". Il souhaite "que les ministres européens et la Commission confirment le respect strict des règles relatives aux aides d'Etat" et demande "que le Conseil donne à la Commission son soutien total dans son action de lutte contre les aides interdites".

"Nous sommes prêts à introduire un dossier auprès de la commissaire européenne à la Concurrence, Nellie Kroes", a conclu Yves Leterme. La Belgique, selon les médias belges, entend faire valoir notamment que l'usine d'Anvers est plus rentable qu'au moins une des usines allemandes d'Opel.