La RATP a affirmé vendredi que l'Etat allait lui garantir un "modèle économique soutenable", en lui confiant "le soin de détenir et d'entretenir les infrastructures de transport, tout en transférant au Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France, ndlr) la propriété des matériels roulants" lui appartenant.

L'entreprise affirme, dans un communiqué de presse, que l'amendement au projet de loi sur les transports que le gouvernement présentera lundi permettra "d'éviter au Stif (...) de récupérer une dette de 5 milliards d'euros, aujourd'hui entièrement portée par la RATP".

Ce modèle "permet d’assurer la continuité du service public de transport en Ile-de-France pour les années à venir et respecte parfaitement les règles européennes", souligne la régie.

Opposition du Stif

Le président du Stif Jean-Paul Huchon, également président du conseil régional d'Ile-de-France, y voit une "attaque directe contre la décentralisation". Il s'agit, selon lui d'un "coup de Jarnac" du gouvernement contre le Stif, "qui l'empêchera totalement d'emprunter".

Le président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France a annoncé à l'AFP qu'il allait "réunir un conseil d'administration extraordinaire du STIF dans les jours qui viennent et demander la comparution du ministre" (Dominique Bussereau, transports), qui, à aucun moment, ne l'a prévenu, affirme-t-il.

De leur côté, les élus Verts du conseil régional d'Ile-de-France "dénoncent ce nouveau coup de force contre le service public des transports", soulignant que "ce transfert de propriété n'a fait l'objet d'aucune concertation avec les élus, à la tête du STIF depuis la loi de décentralisation de 2004".

Dans un communiqué, "ils appellent l'ensemble des parlementaires soucieux de la démocratie et des principes constitutionnels à rejeter l'amendement gouvernemental" qui sera discuté lundi.

M. Huchon a déploré que cette décision se fasse "au profit d'une entreprise (la RATP), qui va investir l'argent des contribuables dans des opérations hasardeuses à l'étranger, alors que nous avons tellement besoin de construire et d'investir en Ile-de-France".

Il fait ici allusion aux ambitions de développement à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, du président de la RATP Pierre Mongin.