La Poste ne peut pas se contenter de faire du surplace si elle veut résister à ses concurrents européens comme la Deutsche Post, deux fois plus grosse qu'elle en termes de chiffre d'affaires (54 milliards d'euros en 2008). Elle aura besoin d'argent frais, d'autant plus qu'elle est handicapée par une lourde dette de 6 milliards d'euros. Son ratio dette sur capitaux propres s'est néanmoins amélioré passant de 1,75 fin 2008 à 1,52 à la fin juin 2009.

Grâce à cet apport financier de l'Etat, la Poste espère réduire sa dette pour la ramener au niveau de ses capitaux propres d'ici à 2012. Avec cet argent, la Poste tient aussi améliorer son outil de production et sa rentabilité. Tout cela sans couper dans les effectifs comme l'a promis le gouvernement.

Rentabilité

Le rapport de la Cour des comptes de 2003 sur la Poste pointait déjà le besoin d'améliorer rentabilité. "L’établissement est contraint de poursuivre sa modernisation et la réduction de ses coûts, sous peine de connaître un grave déclin", prévenait-il.

Pour Jean-Claude Bailly, président du groupe, la Poste est sur la bonne voie. Fin 2007, il se félicitait de voir que "la marge d'exploitation avait plus que triplé, passant de 1,7% en 2003 à 5,8%" attendu pour 2007. Le groupe a "l'ambition à l'horizon 2012 d'atteindre une marge opérationnelle de 8,5%, ce qui nous met dans le peloton de tête des opérateurs postaux en Europe", expliquait M. Bailly lors de la présentation du plan stratégique 2008-2012.

Mais la crise est passée par là. A la fin du premier semestre 2009, la marge d'exploitation du groupe a été réduite à 4,4%, contre 6.5% un an plus tôt. Au premier semestre, son chiffre d'affaires a baissé de 3% à 10,27 milliards, son résultat d'exploitation de 37% à 453 millions d'euros et son résultat net de 19% à 388 millions d'euros. Le groupe s'attend à une baisse d'activité de 3% en 2009.

Le courrier, l'épine dans le pied

Avec la concurrence d'Internet, l'activité historique de La Poste, le courrier (54,3% de son chiffre d'affaires) subit une longue érosion. Le chiffre d'affaires a diminué de 1,2% en 2008, entraîné par une baisse des volumes de 3%. Au premier semestre 2009, la baisse de l'activité s'est encore accentuée de 4,8% par rapport au premier semestre 2008.

L'activité colis et transport express (Chronopost et Geopost) qui est, elle, déjà soumise à la compétition étrangère (TNT, FedEx, DHL), s'en tire mieux. Elle a affiché une croissance de son activité de 7,1% en 2008. Grâce au développement du e-commerce qui réclame le transport des marchandises, Internet est, ici, un relais de croissance. Mais la conquête des marchés étrangers exige le financement d'une lourde logistique. Et le premier semestre 2009 n'est pas rassurant avec une baisse de 4,8% de son activité.

La Banque postale

En revanche, l'activité bancaire de La Poste semble avoir bien résisté à la crise et à la fin du monopole du Livret A qu'elle détenait avec les Caisses d'Epargne. Fin juin, le Livret A représentait encore un encours de 57,5 milliards d’euros à la Poste contre 59,1 milliards fin 2008. Patrick Werner, président du Directoire du groupe estime "qu'il n'y a pas eu de nous avons eu un raz de marée de fermetures", lors de la présentation des résultats du premier semestre. L'activité de la banque postale est soutenue par le développement de nouveaux produits comme l'assurance de dommages et les crédits à la consommation, services qu'elle a maintenant le droit de distribuer.

Sur un marché difficile, la Banque Postale affiche un produit net bancaire de 2,46 milliards d'euros fin juin en hausse de 3,2% sur un an.